LA DÉCADENCE DE L’INDUSTRIE A DOMICILE 293
Dans l’industrie armurière, les fusils à baguette qui
se payaient 2.50 fr., ne se payent plus que 0,80 fr.
Les ressources sont devenues si maigres qu’on doit
se contenter, comme le disait un garnisseur à Ansiaux,
d’une tasse de café au lieu de soupe (1).
Dans le tressage de la paille, le salaire journalier
ne dépasse pas 50 centimes en temps normal (2).
Dans la lingerie, nous assistons aussi à un avilis
sement des prix. « La plupart des lingères, dit
Vermaut, ont élevé des récriminations très vives
accompagnées de détails précis et significatifs contre
les abaissements successifs des prix que les magasins
leur imposent... » (3).
Les tisserands de lin considèrent un salaire de 1.50
fr. à 2 fr. par jour comme un revenu-limite (4).
Dans la broderie sur linge, si l’on décompte le
temps des repas et celui du petit repos qui le suit,
l’ouvrière travaille 12-13 heures (5). Dans l’industrie
du vêtement, l’ouvrier commence à travailler à 6 heures
du matin et s’arrête à la chute du jour avec quelque
repos pendant la journée. En hiver, en forte saison,
il travaille à la lumière jusqu’à 11 heures et minuit
(6). Dans la clouterie, il n’est pas rare que le cloutier,
à la besogne dès 6 heures du matin, y soit encore à
8 heures du soir (7).
(4) Ib. V. X. 108-109.
(2) Ib. v. II, p. 58-62.
(3) 1b. v. IX, p. 103.
(4) Ib. v. II, p. 143.
(5) Ib. v. VIII p. 100.
(6) Ib. v. I, p. 261.
(7) Ib. v. III, p. 97