Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

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EVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE 
allées et venues causent uue diminution dn salaire. 
L'ouvrier perd 1 à 4 francs par semaine (1). 
Dans Vindustrie armurière, où la grande décompo 
sition du travail nécessite des transports très fréquents 
(voir p. 273), la plus grande part de cette lourde 
charge retombe sur les ouvriers, sans compensation. 
Ces transports sont effectués par les femmes et enfants 
de ceux-ci ou par des commissionnaires, spécialement 
du sexe féminin, auxquels les armuriers doivent payer 
une redevance de quelques centimes par arme ou pièce 
d’arme (2). 
Le truck System, quoiqu’interdit par la loi de 1887, 
est resté chose courante dans une grande partie des 
industries à domicile en Belgique. Il se retrouve le 
plus souvent sous une forme déguisée. 
Dans l'industrie de la chaise, un usage établit l’obli 
gation, pour l’ouvrière rempailleuse, d’affecter partiel 
lement son salaire à l’achat de pains, dans la mesure 
et à l’endroit que le fabricant lui indique. Le tarif est 
parfois d’un pain par deux chaises à rempailler. L’ex 
plication de cette coutume est que les fabricants sèchent 
leur bois, après teinture, dans les fours de boulangers 
et alors, à titre de service réciproque, ils assurent au 
boulanger la clientèle de leurs ouvriers (3). L’habitude 
d’utiliser la clientèle de l’ouvrier se trouve également 
chez le patron qui tient un débit de boissons. Le 
chaisier se rend compte que s’il ne réalise pas les 
(1) Ib. v. IL p. 109. 
(2) Ib. v. I, p. 50. 
(3) Ib. v. VIII, p. 44.
	        
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