Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

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ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DË LA BELGIQUE 
Dans l’industrie du meuble presque tous les sculp 
teurs et bon nombre d’ébénistes travaillent à domicile 
utilisant les services d’un ou plusieurs aides, auxquels 
ils payent un salaire qui varie de Fr. 0.09 à Fr. 0.20 
l’heure Ces jeunes apprentis se chargent du premier 
travail qui, peu compliqué en lui-même, exige cepen- 
dent une besogne considérable, disproportionnée avec 
le salaire gagné par le maître-ouvrier (1) 
Qu’est-ce qui rend l’exploitation de la force humaine 
possible dans les industries à domicile ? C’est avant tout 
le manque d'esprit de solidarité des ouvriers à domicile. 
Les associations professionnelles sur lesquelles repose 
toute la force de résistance de la classe ouvrièresont pres 
que inconnues dans les industries à domicile. Les tailleurs 
de Binche, très individualistes et fort indépendants, n’ont 
guère d’association (2). Le syndicat des cordonniers de 
la même ville végète (3). Dans la lingerie (cols, cor 
sets, cravates, chemises), c’est le régime de l’isolement 
absolu du côté des ouvrières (4). Les ouvriers de l'in 
dustrie du meuble ne montrent pas d’empressement à 
entrer dans les voies de l’association (5). Les cordiers 
montrent une indifférence complète à l’endroit du mou 
vement syndical. Tous les efforts tentés depuis des 
années, pour donner à la classe ouvrière une certaine 
cohésion, permettant d’exercer une influence durable 
(1) Ib v. VTII, p. 10. 
(2) Ib. v. VI, p. 153. 
(3) Ib. p. 289 et 290. 
(4) Ib. v. VIII, p. 290. 
(5) Ib. v. VIII, p. 26.
	        
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