LA CONCENTRATION INDUSTRIELLE 325
mène de concentration, sons la forme de combinaison
d’entreprises différentes (1).
Ces chiffres montrent suffisamment combien super
ficielles sont les démonstrations statistiques d’YvEs
Guyot, qui prétend que la grande industrie n’a pas
étouffé la petite en Belgique (2). Sa théorie — si l’on
peut la nommer ainsi — d’après laquelle nous assiste
rions à une expansion des entreprises et non à un
remplacement des petites par les grandes (3) n’est pas
seulement contraire à l’analyse théorique : elle est réfu
tée par les faits.
Le mouvement de concentration de l’industrie belge
est en réalité plus puissant encore que ne le montre
notre tableau. Car nous y avons présenté chaque divi
sion d’entreprise comme entreprise distincte, de
même que les établissements non contigus d’une même
société Ainsi, l’industrie du zinc qui semble, à première
vue, être exploitée par 25 entreprises est presque
entièrement monopolisée par la «Vieille Montagne»,
qui possède des fonderies, des laminoirs, des usines
à blanc de zinc, des fours à calcination, etc. à An-
gleur, Tilf, Valentin-Cocq, Flône et Moresnet. Le
nombre des établissements de commerce et de pro
duction métallurgique ou minière de la Société, dissé-
(t) Je dois cette information à M. le Professeur De Leener.
(2) Yves Guyot : La répartition des industries en Belgique (Jour
nal de la Société de statistique de Paris, 1907, p. 185).
(3) « Si trois etablissements occupant chacun cent ouvriers, ne
forment plus qu’un établissement au bout de dix ans, il y a con
centration ; mais si chacun d’eux continue d’exister en occupant
un quart on un tiers en plus des ouvriers, en faisant le double
d’affaires, il n’y a pas concentration, il y a développement et
expansion de l’industrie» Ib. p. HO.