328 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
avons analysés. Cette constatation n’est pas neuve ;
elle a été depuis longtemps reconnue et prouvée non
seulement par Marx et ses adeptes, mais encore par
des savants indifférents à la politique proprement
dite, comme Sinzheimer, Heymann, Gaevernitz et tant
d’autres.
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En lisant ce chapitre et en parcourant les tableaux
statistiques, le lecteur se sera peut-être demandé
pourquoi la concentration se manifeste avec une inten
sité inégalement forte dans les différentes industries.
Tandis que dans l’industrie verrière, il y a 471.80
ouvriers par entreprise, dans la bonneterie il n’y en
a que 4.14. A quoi attribuer des différences aussi sen
sibles ? Je me suis d’autant plus intéressé à cette
question que dans aucun ouvrage, je n’ai trouvé une
analyse susceptible de l’éclaircir. Il est probable que
la plupart des auteurs, partageant plus ou moins cons'
ciemment la doctrine si répandue qui fait dépendre de
la technique l’évolution industrielle, estimaient que la
question ne méritait pas une analyse économique (1).
Ayant démontré que les inventions ne sont que des
adaptations à des conditions du milieu, je ne puis
partager cette façon de voir. Il doit y avoir des cau
ses plus profondes que je tâcherai de retrouver.
(I) Dans un ouvrage de Hasbach, Güterverzehrung und Güter-
hervorbringung (chap. Vil. Nachfrage und Betriebsgrôssen, p. 37 ss.),
nous trouvons quelques remarques économiques à ce sujet. Bûcher con
sacre dans ses Etudes d’histoire et d’économie politique quelques lignes
au problème (p. 168).