LA CONCENTRATION INDUSTRIELLE
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11 unités au lieu de 10 s’adapter aux nouvelles condi
tions de marché en travaillant simplement une heure de
plus par jour.
Il est donc clair que la nécessité d’introduction des
méthodes plus perfectionnées de travail (division du
travail, emploi de machines etc.) croît avec l’in
tensité de l’effort indispensable pour satisfaire à la
demande. Comme ces efforts augmentent d’après la loi
de Bôhm-Bawerk que nous avons exposée plus haut
(voir p. 59 et ss.) avec chaque détour de production, nous
pourrons établir à priori d’une façon générale et
abstraite le degré de concentration des différentes indus
tries.
Pour le démontrer, prenons un exemple concret.
Voyons quel a été le développement historique de
l’industrie textile à travers les différents stades.
1 er stade. La nature fournit à l’homme tout ce dont il
a besoin. Il n’a qu’à chasser l’animal, pour se procurer
la peau nécessaire devant le protéger contre le froid,
la pluie, etc. Aucun effort n’est nécessaire pour pro
duire ou transformer cette matière.
2 e stade. Développement du tissage. Les richesses de
la nature devenant moins abondantes, l’homme doit y
suppléer par son propre travail. Le tissage se déve
loppe. Il n’est à ses débuts qu’un tressage, car la
matière première, dont on se sert, ne consiste que dans
des produits du règne végétal à l’état brut, comme
l’écorce (1).
(1) Pour simplifier l’exemple, nous laissons de côté le développe
ment des machines à tisser qui, du reste, est le môme que celui des
machines à filer (voir stades 4, 5, 6).