Full text : Untersuchungen über das Versicherungswesen in Deutschland

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LA  HONGRIE

ne  pouvait  même  pas  empêcher  les  petites  guerres  que  les  begs  et  les  capitaines ­
  se  faisaient  entre  eux,  par  manière  cle  passe-temps.
Les  Slaves  restes  fidèles  à  la  religion  chrétienne  sont  devenus  les  tributaires, ­
  les  serfs,  —  les  raías,  —  de  cette  chevalerie  composée  de  renégats
plus  fanatiques  que  les  vieux  Turcs  eux-mêmes.  Les  malheureux  raías  —
car  toutes  les  réformes  de  la  Porte  sont  restées  lettre  morte  dans  ces  provinces ­
  reculées  et  toujours  en  insurrection  —  ne  peuvent,  encore  aujourd’hui, ­
  ni  se  vêtir  de  riches  habits,  ni  posséder  de  belles  demeures;  il  lernest ­
  défendu  de  porter  les  longues  moustaches,  ornement  dont  le  Serbe  est
si  fier.  Ils  sont  tenus  de  cacher  leurs  armes  en  signe  de  respect  pour  leurs
maîtres,  et,  quand  un  musulman  passe,  la  loi  les  oblige  à  descendre  de
cheval  pour  lui  céder  le  pas.
—  N’est-ce  pas  à  genoux  que  le  raía  se  présente  devant  les  employés  de
l’État?
—  J’en  ai  vu  rester  dans  cette  posture  pendant  toute  la  durée  de  l’audience. ­

Pour  le  raía,  aucune  sécurité  de  biens  ni  de  personne.  Il  est  à  la  discrétion ­
  de  la  bonne  volonté  de  son  maître,  comme  l’esclave  noir  des  plantations. ­
  Bien  plus,  depuis  les  prétendues  réformes  de  1852,  il  est  pressuré
maintenant  de  trois  côtés  à  la  fois  :  par  son  seigneur,  par  la  Porte  et  palles ­
  popes.  Au  premier,  la  dîme;  à  la  seconde,  l’impôt;  aux  troisièmes,  les
taxes.

L’impôt,  comme  le  Protée  de  la  Fable,  sait  prendre  mille  figures  et
mille  formes  pour  dévorer  le  pauvre  raía,  (pii  a  d’abord  à  payer  Yhazac,
l’impôt  d  exemption  du  service  militaire,  que  doit  tout  individu  non  musulman ­
  ;  puis  le  vergin',  l’impôt  sur  les  immeubles,  frappant  d’une  taxe  égale
et  la  somptueuse  demeure  d’un  riche  beg  et  la  misérable  chaumière  d’un
raía  ;  puis  le  décime,  prélevé  sur  toutes  les  céréales,  dont  l’estimation  doit
se  faire  sur  pied  1  ;  puis  Yherhatico,  qui  est  un  droit  de  pâturage  sur  les
montagnes;  puis  le  porez,  impôt  sur  le  gros  bétail,  en  vigueur  dans  les
régions  où  n’a  pas  encore  été  introduit  l’impôt  sur  le  revenu  du  travail  ;
enfin  le  donuzia,  qui  s’applique  spécialement  aux  porcs,  dont  l’élevage  est
une  des  principales  souk  es  de  commerce  en  Bosnie.  L  impôt  sur  les  légumes,
les  fruits  des  arbres,  les  olives,  le  sumac,  s’acquitte  en  espèces,  tandis  que
l’impôt  sur  le  blé  et  le  raisin  se  perçoit  en  nature,  ce  qui  n’empêche  pas  le

1  En  18G7,  à  l’occasion  du  voyage  du  sultan  en  Europe,  on  a  encore  augmenté  cet  impôt  déjà
si  onéreux,  car  le  gouvernement  mettant  aux  enchères  le  droit  de  le  percevoir,  l’adjudicataire  emploie ­
  tous  les  moyens  possibles  pour  lui  faire  rendre  de  gros  bénéfices.  Il  trompe  le  rata  en  lui
donnant  des  certificats  en  langue  turque,  et  il  trouve  ainsi  presque  toujours  le  moyen  de  lui  faire
payer  deux  fois  l’impôt.
            
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