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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
Dans la banlieue des grandes villes comme le Callao,
Arequipa, Lima, tous les terrains utilisables sont bien
cultivés et ces cultures sont aussi belles que dans nos
campagnes ; pas un endroit qui ne soit irrigué et fumé
comme chez nous.
Malheureusement, sur beaucoup de points de la Costa,
mais surtout dans la Sierra et dans la Montana, le plus
grand nombre d’entre les hacendados (1) emploie encore,
en agriculture, les procédés de culture les plus rudimen
taires, par routine ou par ignorance, si bien que les champs
ne produisent pas les récoltes qu’ils devraient raisonna
blement produire. Dans la Montana, ces procédés n’ont pas
grande importance, surtout à l’heure actuelle, car la terre
est si fertile qu’elle donne quand même tout à profusion ;
mais dans la Sierra les méthodes d’exploitation, malgré
les modifications apportées par quelques propriétaires,
gagneraient beaucoup à être quelque peu améliorées (2).
Les raisons pour lesquelles l’agriculture ne s’est pas
développée à une certaine distance de la Costa, sont les
suivantes : Tout d’abord le manque d’initiative, d’ému
lation parmi les populations rurales, dont la majeure
partie produit uniquement pour son usage, sans s’occuper
de personne ; l’Indien, en général, n’ambitionne rien, il ne
des cas, si le domaine est important comme superficie, surtout sur les
haulspiateaux.une partie est réservée à l’élevage; dans les vallées chaudes,
à exploiter sur une grande échelle la canne à sucre, le coton, le cacao,
etc. Le plus souvent, beaucoup d’haciendas se composent uniquement de
quelques cases en torchis ou pisé, autour desquelles on a défriché l’espace
nécessaire à la culture de quelques hectares de canne à sucre dont la
récolte sera totalement employée à fabriquer de l’alcool de canne qui, sous
le nom de cana ou de borracha, sera d’un écoulement facile et rémuné
rateur.
(1) ou hacenderos, propriétaires d’haciendas.
(2) Dans le but d’inculquer les connaissances nécessaires aux agricul
teurs péruviens, le gouvernement a favorisé la fondation récente d’un
institut agricole dirigé par des pères salésiens.