Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

LES TRAVAUX POUR CHOMEURS DANS LA PROVINCE DE LUXEMBOURG 87 
Des prescriptions administratives détaillées assuraient la régu- 
larité des opérations comptables. 
Enfin, en dehors des travaux prévus par le règlement et qui rele- 
vaient en principe des communes, le Comité provincial annonçait 
qu’il interviendrait en attribuant directement aux Comités locaux 
de secours qui en feraient la demande, les fonds nécessaires pour 
l’exécution de certains travaux d’intérêt purement local, tels que : 
extraction et concassage de pierres, fabrication de paniers, de chaises, 
de sabots, travail du bois, etc. Les produits ainsi obtenus étaient 
la propriété du Comité provincial. 
La pratique vint apporter quelques modifications à ces dispositions. 
Tout d’abord, le taux de salaire, qui était suffisant au début, dut 
être augmenté par suite de l’augmentation continue du coût de la vie. 
Le minimum des terrassiers et manœuvres fut porté à 3 fr 50 par 
jour, celui des ouvriers de métiers à 6 fr 50 
Le travail à la journée fut appliqué d’une façon générale au début, 
mais on parvint dans la suite à le limiter aux seuls travaux qui ne 
se prétaient pas au travail à la tâche. Dans certains cas même, on 
ne maintînt pas le taux maximum du salaire, afin de permettre aux 
ouvriers de se créer des ressources en rapport avec leur capacité de 
travail et leurs dépenses. 
On eut particulièrement à se louer du fonctionnement du service 
technique, qui prêta une aide efficace à toutes les communes de la 
province. Un bureau central était installé à Bruxelles et dans chaque 
zone, un service régional et local. 
Le Comité du Luxembourg avait ainsi réalisé un mode de secours 
des plus recommandables à tous égards. Il en résultait que pratique- 
ment, au début de l’année 1916, il n’y avait plus de chômeurs dans 
la province. Tout le monde était au travail, et la province entière se 
couvrait de travaux utiles. 
Cette situation n’était pas de nature à plaire au pouvoir occupant. 
Dans le courant du mois de juin, se basant sur l’arrêté du 2 mai 
1916, subordonnant à son autorisation préalable l’exécution des tra- 
vaux pour chômeurs (1), il refusa à quelques administrations com- 
munales du Luxembourg l’approbation des projets de travaux qu’elles 
avaient, comme d’habitude, soumis à la Députation permanente de 
la Province. Le prétexte invoqué était que ces travaux n’avaient 
qu’une utilité contestable. 
Le véritable motif était tout autre: à ce moment, l’administration 
allemande commençait à recruter de la main-d’œuvre belge pour 
(1) Voir suprà p. 83.
	        
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