LES TRAVAUX POUR CHOMEURS DANS LA PROVINCE DE LUXEMBOURG 91
ces ressources ne pouvaient être obtenues pendant l’occupation.
Le Comité provincial du Luxembourg avait décidé d’intervenir
en payant la moitié de la dépense qui correspond aux subsides accordés
généralement par les pouvoirs publics. Un règ'ement très complet
avait été arrêté indiquant aux directions des wateringues ce qu’elles
devaient faire pour obtenir l’intervention du Comité.
Plusieurs travaux d’assainissement de terrains purent ainsi être
entrepris par les directions de wateringues, et une somme de
47.282 fr. 18 y fut consacrée par le Comité provincial.
C. Travaux d’intérêt local.
On désigna ainsi les travaux relatifs à de petites industries localisées
dans certaines régions luxembourgeoises. Tel est le cas pour la fabri-
cation des sabots, chaises, paniers.
L’industrie sabotière surtout avait été jugée digne d’intérêt par
la prospérité. qu’elle avait atteinte et le nombre assez important
d’ouvriers qui en vivaient.
«Le Comité, dit le rapport cité, entendit favoriser la reprise du
travail par ces ouvriers en achetant « ferme » les produits qu’ils con-
fectionnaient. 264 ouvriers et leurs familles furent ainsi mis à l’abri
de la misère ; ils livrèrent au Comité un total de 500.000 paires de
sabots environ pour une somme de 463.288 fr. 58. Ces sabots furent
distribués gratuitement aux indigents du Luxembourg et le surplus
fut cédé à d’autres comités pour faire l’objet de distributions ana-
logues dans d’autres provinces.
« Mais ici encore, dit le rapport, nous ne pouvons nous empêcher
de signaler l’infltence néfaste de l’autorité allemande qui, au cours
de l’année 1917, poursuivant le but d’acquérir pour les besoins de
ses nationaux, tous ces objets, mit des entraves de plus en plus sévères
au trafic et au transport des sabots. Elle finit même par opérer la
saisie d’une partie (49.000 paires) du stock du Comité ».
En dehors de la fabrication des sabots, le Comité eut encore dans
cet ordre de travaux deux initiatives intéressantes. Il créa un petit
atelier pour le travail du bois dans les locaux d’une école des Arts
et Métiers des environs de Virton. Une quinzaine d’ouvriers purent
y être occupés ; ils confectionnèrent 77.000 manches d’outils de char-
bonnage et de bêches, ainsi que des brouettes. Celles-ci furent cédées
aux administrations communales pour servir sur les chantiers orga-
nisés par la Section Travail ainsi qu’aux Comités locaux pour les
travaux de cultures des potagers. Une somme de 59.501 fr. 35 fut
consacrée à ces travaux.
On cite également l’exploitation de tourbières, ainsi que la coupe