Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

LE DÉVELOPPEMENT SUCCESSIF DU RÈGLEMENT I 
l’ouvrier eût cet âge au 15 février 1915, pour être admis comme chô- 
meur. En conséquence, les ouvriers industriels de 14 à 16 ans, n’avaient 
pas droit au secours. 
Nous avons vu qu’il n’y avait pas d’âge d’exclusion et que les ouvriers 
de plus de 65 ans étaient admis. 
La condition d’être nécessiteux avait, dès le début amené les Comités 
à fixer l’état de besoin. Pour apprécier si un chômeur est dans le besoin, 
c’est-à-dire manque du nécessaire, les Comités devaient se rendre 
compte de la composition du ménage dont l’intéressé faisait partie 
et de toutes ses ressources. 
On eut quelque peine à faire comprendre la notion du ménage. 
Le ménage n’est pas la famille, c’est l’ensemble des personnes vivant 
sous le même toit d’une vie commune, peu importe qu’elles soient 
unies entre elles par des liens de parenté. Cette notion est familière 
à tous les statisticiens. Elle l’est moins aux personnes s’occupant 
d’œuvres de bienfaisance. 
Les vicissitudes de la guerre avaient opéré souvent de grandes 
modifications dans la composition des ménages. Il arrivait souvent 
que des parents ou des voisins recueillaient chez eux des personnes 
qui, auparavant, ne vivaient pas avec eux. Certaines situations inté- 
ressantes avaient attiré l’attention de certains Comités. Nous trouvons, 
par exemple, dans une circulaire du Comité provincial de Namur, 
l’exposé des débats qui eurent lieu entre lui et le Comité National 
« Une famille sans ressources qui, poussée par la nécessité ou quelque 
autre triste circonstance des événements actuels, s’était réfugiée 
chez des parents ayant quelques ressources, se voit, du fait des res- 
sources de ces parents, totalement privée des secours qu’elle aurait 
touchés si elle avait vécu seule et, partant, elle se trouve complète- 
ment à charge des parents qui l’avaient recueillie. 
«Cet état de choses a, dans certaines familles, été la cause de 
reproches, de discussions intestines et même d’exclusion de la famille 
réfugiée. On a parfois vu des enfants indignes se séparer de leurs 
vieux parents qui se trouvaient ainsi plongés dans la plus affreuse 
misère. 
«Désireux de porter remède à cette situation préjudiciable à 
l’intérêt moral et matériel des familles, nous avons soumis la question 
au Comité National. 
« Celui-ci nous répond notamment : « Au préalable, il faut admettre 
les principes suivants : Avant les devoirs de la Société, il y a les devoirs 
de la famille, avant de recourir à l’assistance de la Société, on doit 
utiliser ses propres moyens. La morale courante condamne un fils 
qui, pouvant nourrir et loger ses vieux parents sans ressources, les 
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