CHAPITRE XXII
Le mode de distribution des secours
Nous avons vu que le Comité National imposait aux Comités locaux
l’obligation de distribuer les secours en nature. C’eût été facile si les
magasins du Département Alimentaire avaient eu toutes les espèces
de marchandises que pouvaient désirer les ménages secourus. Mais
il était loin d’en être ainsi. Toutefois, il est bon de faire observer que
l’indemnité de chômage étant peu élevée, elle pouvait toujours repré -
senter la valeur des denrées nécessaires à tout le monde, comme le
pain, la soupe populaire, etc. Il arrivait pourtant que, dans les familles
nombreuses, l’indemnité devenait assez importante pour dépasser
les besoins en aliments indispensables. En tout cas, on ne put jamais
se borner à donner directement et exclusivement en nature les secours
de chômage.
Le règlement permettait d’ailleurs d’allouer les secours sous forme
de bons. Mais il ne prescrivait pas de règles, au début, pour leur émis-
sion ni leur utilisation.
Aussi, nous trouvons, comme toujours, une grande diversité dans
l’application des dispositions réglementaires. C’est ainsi que dans
un rapport présenté en octobre 1915, au Comité de l’arrondissement
de Liége, nous constations que 22 Comités locaux distribuaient les
secours en partie en nature, en partie soit en bons, soit en argent ;
75 émettaient des bons valables dans les magasins du Comité de
Secours et d’Alimentation et chez les commerçants de la localité ;
21 avaient des bons transformables en marchandises déterminées,
telles que pain, farine, pommes de terre, et des bons valables dans
les magasins du Comité ; 7 Comités distribuaient les secours unique-
ment en argent. Le Comité de la Ville de Liége, notamment, fut de
ce nombre pendant six mois par raison d’économie et à cause de la
difficulté du contrôle dans une grande ville ; puis il adopta , une
forme de bons qui fut imposée partout par le Comité National.
Dans sa séance du 26 août 1915, le Comité National avait critiqué
les bons valables uniquement dans les magasins communaux ou
les magasins du Comité. « Pareille manière de faire aura fatalement
pour résultat, disait-on, la disparition de nombreux détaillants
faute de clientèle et, partant, l’accroissement du nombre de personnes