LE MODE DE DISTRIBUTION DES SECOURS 105
devant être secourues ». Mais on reconnut qu’il y avait bien des in-
convénients à permettre d’échanger les bons dans les magasins privés :
diffleultés du contrôle, facilités de fraudes et de mauvaise utilisation
des bons, leur échange au rabais, ete. Finalement, on laissa les Comités
provinciaux libres d’adopter les mesures qu’ils jugeraient les meil-
leures.
Il arrivait fatalement que, une fois les bons entre les mains des
chômeurs, ils n’étaient pas tous utilisés pendant la quinzaine, et que
les Comités devaient en émettre continuellement. Ils finissaient par
circuler dans le public et par devenir une véritable monnaie.
Le Comité National dut prendre des mesures.
Le 21 octobre, il demanda aux Comités provinciaux de lui faire
connaître :
19 La valeur totale des bons que chaque Comité local avait entrés en
magasin depuis la mise en vigueur du Secours Chômage ;
20 La valeur totale des bons qui ont été remis aux chômeurs ;
30 Le montant exact des bons remboursés.
Il prescrivit de demander l’autorisation d’émettre des bons. Les
Comités Provinciaux devaient prendre soin, en fixant le montant de
la première émission de chaque Comité local, de tenir compte de ce
que l’émission devait être suffisante pour que les secours aux sans-
travail nécessiteux pussent être régulièrement distribués pendant
trois mois, qu’une partie des bons étant remboursés par le Comité
émetteur pouvait être remise en circulation.
Mais afin d’empêcher qu’il pût y avoir une trop forte quantité de
bons, on limita, le 28 octobre, à trois mois l’émission autorisée. L’émis-
sion devait être divisée en trois séries d’un montant égal. Chacune
de ces séries devait être datée du premier jour du mois dans lequel
elle serait remise aux chômeurs. Les bons ne devaient avoir de valeur
que pendant soixante jours au maximum à partir de leur date d’émission.
La mention du délai de validité devait figurer en caractères très appa-
rents sur le bon. Les bons devaient avoir pour chaque mois une
couleur différente. On en vint alors à interdire la remise en circulation
des bons, trouvant le contrôle trop difficile à exercer.
Jusqu’à ce moment c’étaient les Comités locaux qui avaient eu à
supporter la charge de leurs émissions de bons. À partir de novembre
1915, certains comités provinciaux, notamment celui de Liége, prirent
la dépense à leur charge, et fournirent les bons aux Comités locaux.
Une comptabilité spéciale devait être tenue du service des bons,
afin que l’on pût se rendre compte continuellement de la quantité
de bons en circulation.
Mais bientôt, l’autorité allemande intervint : elle prétendait que;
is?
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