LES ARRÊTÉS ALLEMANDS CONTRE LES CHOMEURS 199
«Ces usines seraient placées sous la protection de la Commission
for Relief in Belgium de la même façon que les dépôts de vivres de
celle-ci en Belgique, et le transport de toutes les marchandises im-
portées de Hollande ou exportées vers ce pays se ferait sous le drapeau
de la Commission for Relief in Belgium. Tous les comptes concernant
les importations et exportations seraient concentrés à Rotterdam,
des statistiques complètes tenues à jour. Un bilan mensuel établirait
les dépenses relatives aux importations et les sommes reçues pour
les exportations ; les excédents de recettes sur les dépenses seraient
remis à la Commission for Relief. Celle-ci aurait le droit, à l’aide de
ces recettes qu’elle réaliserait en Belgique par la vente des vivres,
de faire en Belgique des paiements pour venir en aide aux indigents,
pour une somme égale à celle que lui procurerait le surplus des expor-
tations sur les importations à un taux de change à fixer d’accord
avec le Comité Industriel. Toutes les sommes non dépensées de cette
façon seraient déposées et bloquées jusqu’à la conclusion de la paix
dans une banque neutre à choisir par la Commission for Relief. Celle-ci
remettrait au Comité National des certificats de dépôts pouvant servir
de gage à des emprunts locaux en Belgique destinés à payer les salaires.
Les premières dix mille livres sterling déposées à la banque neutre
choisie seraient gardées par la Commission for Relief comme gage de
la bonne foi du Comité Industriel pour la bonne exécution, par toutes
les usines, des conditions imposées. En cas de violation d’une de ces
conditions la somme serait confisquée ; le Comité Industriel aurait
à son tour le droit de la réclamer à l’usine en faute. Les Gouverne-
ments intéressés publieraient une liste de matières premières et
des produits manufacturés dont le Comité Industriel pourrait s’oceu-
per et ils approuveraient les noms des firmes patronnées par le Comité
Industriel ».
On le voit, les bases d’un accord avaient été élaborées soigneuse-
ment. Au début, l’Administration allemande parut disposée à les
étudier et à les discuter. Nous nous rappelons avoir personnellement
assisté à une réunion à Bruxelles à laquelle prirent part de nombreux
officiers et fonctionnaires allemands. Mais toute cette organisation
impliquait de la part du Gouvernement allemand, des obligations
qu’il ne voulait pas prendre : celle notamment de ne pas réquisitionner
les matières premières importées ni les produits fabriqués. Il fit donc
objections sur objections. Il trouvait en outre que les conditions
imposées par l'Angleterre constituaient un espionnage commercial
de l’industrie belge. « À l’aide de ces dossiers, l’Angleterre aurait les
relations commerciales belges complètement en mains », disait un
article officieux de la Norddeutsche Allgemeine Zeitung, du 9 mars
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