Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

LES ARRÊTÉS ALLEMANDS CONTRE LES CHOMEURS 3 
mands de ne pas intervenir dans la distribution des secours du Comité 
National, confirmé par une lettre du baron von der Lancken, à 
M. Brand Whitlock, Ministre des Etats-Unis, en date du 29 juillet 
portant que: «Le Gouverneur Général ne se servirait jamais du 
Comité National dans le dessein de forcer la population belge à tra- 
vailler au service de l’armée allemande, contrairement aux stipulations 
de la Convention de La Haye ». Elle rapprochait le texte des arrêtés 
des mesures de coercition prises par les autorités allemandes contre 
des ouvriers du chemin de fer à Luttre, qu’avait révélées un rapport 
de la Commission d’enquête belge, du 6 août 1915. Elle concluait : 
«Si un ouvrier belge quelconque, connaissant l’extension des besoins 
de l’armée allemande et la façon dont toute industrie allemande en 
Allemagne est déjà vouée à la tâche de la pourvoir, refusait de travailler 
dans des industries directement nécessaires au maintien de cette armée, 
tout secours lui sera refusé et la famine et l’emprisonnement l’atten- 
dent ». 
A cette lettre, publiée en juillet 1916, par le Daily Telegraph une 
note Wolff, reproduite par le journal censuré La Belgique répondait en 
affirmant simplement qu’il ne s’agissait « que de décrets pris dans 
l’intérêt public, dans le but d’obvier à l’abus, souvent et très vivement 
regretté même du côté belge, commis par des ouvriers sains et aptes 
au travail qui faisaient appel à l’assistance publique ». 
Tel est d’ailleurs le ton de toute la presse allemande et censurée à 
ce moment. Le thème est que la classe ouvrière belge est vouée à la 
paresse, « répugne » au travail et qu’il est légitime de l’y contraindre. 
Il est bon de rappeler que c’est à cette époque que l’autorité alle- 
mande fait traîner en longueur les négociations relatives à l’impor- 
tation de matières premières et que, d’autre part, se multiplient et 
s’allongent les arrêtés relatifs à la saisie de matières et d’objets de 
toute sorte. Le célèbre plan de M. Walter Rathenau, pour procurer 
à l’industrie allemande les matières premières dont elle a besoin date 
de la fin de 1915. 
Les « Centrales » c’est-à-dire les offices institués pour concentrer 
les achats et la répartition de matières et de produits utiles à l’armée 
commencent à fonctionner : celle du charbon date du 26 avril 1915 (1), 
celle des huiles du 3 juin (2), celle des cuirs du 20 novembre, et elles 
vont être suivies par d’autres et d’autres. La liste des produits et 
matières susceptibles de saisies comprend déjà à la fin de 1915, plu- 
(1) Voir texte de cet arrêté, même collection J. PIRENNE et M. VAUTHIER, partie 
documentaire, ch. II, note 5. 
(2) Voir l’arrêté du 14 août 1915. Id. ch. II, note 5. 
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