140 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'’OCCUPATION ALLEMANDE
certain nombre de chômeurs inscrits aux listes demandèrent leur
radiation.
On remarquera que la province de Luxembourg ne figure pas
au relevé, alors qu’elle était mentionnée au premier recensement
des chômeurs, du 15 février 1915. C’est que, dans cette province,
le Secours Chômage n’était distribué que sous forme d’assistance
au travail. Quand, à la suite des mesures prises par l’administration
allemande, dont nous avons parlé, les travaux pour chômeurs furent
supprimés, le Comité provincial ne distribua plus de secours spécial
pour chômeurs ; il se contenta de distribuer le Secours À. Il en résulte
que le relevé général n’est pas tout à fait exact, et qu’il y aurait lieu
d’y ajouter les chômeurs de la province de Luxembourg, qui devaient
être environ de 5 à 6.000.
Le nombre total des chômeurs secourus varia donc de 616.114
à 692.518. La différence entre les deux extrêmes, 76.404 n’est pas
considérable, puisqu’elle ne représente pas 12 pour cent du chiffre
le plus faible.
On peut dire que le nombre des chômeurs fut en moyenne de 650.000
à 6 pour cent près en plus ou en moins.
Malgré les grandes variations qui s’opérèrent dans le chômage
des industries, sous l’action des causes suivantes : épuisement des
stocks, pénurie de matières premières, cessation, faute de ressources,
des travaux de secours, enfin destruction ou enlèvement des machines,
le nombre de chômeurs resta relativement stable. C’est que, dès la
première année, il atteignit pratiquement à peu près toute la classe
ouvrière susceptible de recevoir des secours. Jusqu’à l’institution du
Secours Alimentaire, en novembre 1917, le secours chômage ne con-
nut que des fluctuations de peu d’importance, grâce surtout au secours
pour chômage partiel, qui maintenait sur les listes, pour des secours
minimes, des ménages où il y avait encore des ouvriers occupés.
Pour nous rendre compte de la proportion que représente le nombre
total des chômeurs par rapport à la population ouvrière totale, nous
sommes obligés de faire certaines hypothèses et de nous contenter
de chiffres approximatifs. Le nombre d’ouvriers et d’employés de
l’industrie et du commerce était au recensement du 31 décembre
1920, de 1.453.923. Ce nombre avait dû normalement augmenter
comme la population générale, de 3,5 pour cent de 1910 à 1914. Elle
devait, au début de la guerre atteindre donc 1.500.000. Mais il faut
en déduire les ouvriers incorporés dans l’armée et ceux qui l’avaient
rejointe petit à petit dans la suite, enfinla masse des exilés en Hol-
lande, en Angleterre, en France. En outre, une petite partie du terri-
toire jusqu’à l’Yser reste inviolée. Si nous évaluons ces absents à