RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES 141
250.000 il reste 1.250.000 ouvriers et employés de l’industrie et du
commerce en Belgique occupée ; les 650.000 chômeurs secourus en
représentent les 54 pour cent.
La répartition géographique des chômeurs par province, fait voir
des différences importantes. La Flandre Orientale tient la tête parce
que c’est la zone des étapes ; pour la Flandre Occidentale, nous
n’avons que deux régions, Bruges et Courtrai, mais il est hors de doute,
que, relativement, le nombre des chômeurs y est très élevé. Le Hainaut
et la province de Liége ont de gros chiffres absolus, parce que ce sont
les provinces les plus industrielles, mais proportionnellement à la
population ouvrière du commerce et de l’industrie en 1910, elles occu-
pent en réalité des places inférieures à la moyenne, Liége avec 42 pour
cent, le Hainaut avec 38 pour cent seulement. Cela provient de
ce que l’industrie houillère, qui est concentrée dans ces provinces
réussit à occuper une grande partie de son personnel. Les chiffres
correspondants pour la Flandre Orientale sont 67 pour cent de la
population ouvrière, pour Anvers 58 pour cent, à cause du chô-
mage complet du port. Le Brabant est coupé en deux, formant le
Comité de l’Agglomération bruxelloise et du Brabant proprement
dit, — ce qui ne permet pas les comparaisons. Quant au Limbourg
et à la province de Namur, ce sont des provinces agricoles, et il n’y
a rien d’étonnant à ce que la proportion des chômeurs n’y soit que
33 à 31 pour cent.
L’allure de la courbe du chômage n’est pas la même dans toutes
les provinces, et ne concorde pas toujours avec celle de l’ensemble.
C’est ainsi que dans les deux provinces agricoles de Limbourg et de
Namur, elle s’abaisse graduellement depuis août 1915 jusqu’à octobre
1917, sauf un léger relèvement en juin 1917, que nous trouvons
partout. Dans la province de Liége, au contraire, il y a aggravation
continue sauf en décembre 1916 — à cause, pensons-nous, de la
crainte de la déportation. Dans le Hainaut, on n’a jamais plus atteint
le chiffre du début, même en juin 1917. Dans la Flandre Orientale,
c’est, très régulièrement, une augmentation jusqu’en décembre 1916
où on trouve le maximum, puis une chute les deux semestres suivants.
Dans la région de Courtrai, il y a augmentation jusqu’en juin 1917
et diminution sérieuse en octobre 1917. La région de Bruges est plus
stable, sauf la chute finale. Dans le Brabant, province surtout agricole,
le maximum est au début, et la tendance est nlutôt à la diminution,
sauf des hausses légères en juin 1916 et juin 1917. Dans l’aggloméra-
tion bruxelloise, la courbe est plus tourmentée : elle tombe d'août
1915 à décembre, puis se relève en 1916, pour atteindre son maximum
en juin 1917 et finir en octobre 1917 un peu plus haut qu’au début.