142 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
A Anvers, il y a baisse jusqu’en juin 1916, puis hausse jusqu’en jumn
1917, où se trouve le maximum, et la chute du chiffre d’octobre 1917
est très considérable.
Les causes de ces variations sont aujourd’hui bien malaisées à
découvrir ; elles tiennent autant à des circonstances locales qu’à
des modifications dans les dispositions réglementaires et des mesures
administratives — telles que le contrôle. Au demeurant, nous répétons
qu’elles restent relativement faibles.
Nous n’avons malheureusement aucun relevé d’ensemble des
professions des chômeurs. Il nous est donc impossible de faire, comme
nous pourrons le faire pour la province de Liége, le rapprochement
entre la population ouvrière dans chaque industrie et le nombre de
sans-travail. Il y eut certainement une grande inégalité sous ce rapport
entre les diverses industries. Certaines, comme l’industrie armurière à
Liège et les transports au port d’Anvers, durent cesser complètement
toute activité. D’autres au contraire, comme les charbonnages, purent
maintenir une activité réduite, d’autres enfin comme certaines indus-
tries alimentaires purent, comme l’agriculture, continuer et même
prospérer.
II. Ménagères et Enfants
Le même relevé général dont nous nous occupons indique le nombre
de ménagères et d’enfants secourus dans les ménages admis au Secours
Chômage. Rappelons que le nombre de ménagères ne coïncide pas
avec le nombre de ménages, puisque s’il est vrai qu’il ne peut y avoir
qu’une personne secourue comme ménagère par ménage, il se trouve
cependant des ménages sans ménagère : des célibataires vivant
ensemble, des chômeurs veufs, etc. D'autre part, le ménage ne se
confond pas avec la famille : il comprend les personnes vivant d’une
vie commune, quel que soit leur degré de parenté. Les enfants secourus
peuvent donc ne pas être unis par un lien de filiation aux chômeurs
ni à la ménagère.
Cependant il est clair que le ménage ordinaire, le plus fréquent,
est celui qui comprend la ménagère, la femme du chômeur, et ses
enfants en dessous de 16 ans.
La relation entre le nombre de chômeurs et celui des bénéficiaires
accessoires est intéressante à établir. Si l’on fait la moyenne des
nombres repris au relevé général, on admettra qu’il faut considérer
647.000 chômeurs, 287.000 ménagères et 582.000 enfants en dessous
de 16 ans, ce qui donne 1.516.000 personnes secourues en moyenne
pendant cette période d’août 1915 à octobre 1917.
Les chiffres proportionnels sont les suivants : sur 100 personnes