RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES
La trentième, du 29 mai au 10 juin 1916,
La quarante-deuxième, du 13 au 25 novembre 1916,
Et la cinquantième du 5 au 17 mars 1917.
Ce sont des coups de sonde jetés dans la misère de la classe ouvrière
belge pendant l’occupation.
Il. Ils nous permettent tout d’abord de connaître la profession
des chômeurs. Le rapprochement avec les nombres du recensement
industriel de 1910 ne fut malheureusement pas possible, à cause des
différences dans la classification des ouvriers : d’une part, le règlement
admettait au secours les artisans qui n’étaient pas repris au recensement
; d'autre part, malgré toutes les recommandations, les indications
fournies par les Comités locaux manquèrent souvent de la
précision nécessaire. Ainsi ils se bornaient à qualifier un chômeur
«d’ouvrier d’usine» ou de «manœuvre», « d’employé », tandis qu’au
recensement les individus ainsi appelés étaient rattachés à l’établissement
où ils étaient occupés, et classés dans le groupe de celui-ci.
Quoi qu’il en soit, nous pouvions suivre ainsi d'époque à époque.
les contingents de sans-travail que formaient les diverses industries,
Dans la province de Liége, l’industrie la plus largement représentée
sur nos listes était l’industrie des métaux, qui comprenait notamment
l’industrie armurière, dont l’effectif resté en Belgique — une partie
ayant passé à l’étranger — était complètement réduit au chômage
Après les industries métallurgiques, venaient les industries textiles,
représentées surtout dans notre province par l’industrie lainière de
l’arrondissement de Verviers, puis celles de la construction, dont un
fort contingent habitait l’arrondissement de Waremme, et celles
du vêtement, toujours largement représentées dans une grande
agglomération.
Une particularité de la province qui fut confirmée par nos tableaux,
c’est que la plus importante des industries, celle des mines de houille,
n'avait qu’un nombre minime de chômeurs. Toutefois en mars 1917,
eut lieu une cessation de travail affectant un grand nombre d’ouvriers,
qui refusaient de descendre dans la mine faute d’une nourriture suffisante,
notamment de pain. On considéra ce mouvement comme
une grève ; les ouvriers ne reçurent point de secours de chômage,
mais certains d’entre eux, dont l’anémie et l’incapacité de travail
étaient constatées par un certificat médical, purent figurer aux listes
du chômage.
De la comparaison des tableaux relatifs aux quatre quinzaines
étudiées, il résulte que la répartition des chômeurs par profession resta
sensiblement constante pendant toute la période. Il semble que la
misère atteignit les mêmes couches d’ouvriers dans toutes les indus-145
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