Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

154 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE 
Chômage était, en juillet 1918, de 11.115 se répartissant comme suit : 
HOMMES FEMMES TOTAL 
Dans les Syndicats -. 4... 2.709 5.967 8.676 
Dans les mutualités +... &15 1.141 1.756 
Parmi les épargnants +... 7e 912 371 683 
TOTAL era ere em ect eee OO 7.479 11.115 
Or, en temps normal, les nombres des hommes est le double de celui 
des femmes. « Cela fait supposer, dit M. Varlez, que les trois quarts 
au moins des ouvriers mâles effectuaient à ce moment, malgré leur 
vive répugnance, des travaux forcés pour le Gouvernement alle- 
mand ». 
Les chiffres proportionnels par industries, ou du moins par groupe 
professionnel, ont été très variables. Avant la guerre, en 1912 et 1913, 
la proportion des chômeurs ayant, dans chaque groupe, participé aux 
indemnités du Fonds de Chômage, avait été de 20 pour cent environ ; 
mais la plupart des ouvriers n’avaient qu’un chômage indemnisé fort 
court : une dizaine de jours par an. Les affiliés du Fonds de Chômage 
ensemble n’avaient en moyenne pas plus de deux jours de chômage 
par an. Naturellement, il y avait de grandes différences, de métier à 
métier : un pour cent des employés, avec une demi-journée de durée 
moyenne, 10 pour cent des liniers, avec un jour, 40 pour cent des 
ouvriers du bâtiment, avec une durée de 20 jours. 
Mais, dès le commencement de la guerre, la majorité des affiliés 
— en général les trois quarts — connut le chômage. La durée du 
chômage par membre augmenta aussi régulièrement : de moins d’un 
jour en 1912, d’un peu plus d’un jour en 1913, elle passa à 23 jours 
en 1914, 69 jours en 1915, 138 jours en 1916, 153 jours en 1917, pour 
rester à ce niveau en 1918: 145 jours. 
Les métiers exercés par les femmes avaient le plus long chômage, 
tandis que les métiers exercés par les hommes — métaux, bois, bâti- 
ment — avaient le plus court. M. Varlez l’explique de la manière 
suivante : « C’est que c’étaient ces derniers (ouvriers de métiers) qui 
pouvaient rendre des services à l’armée, et qu’après de vigoureuses 
chasses à l’homme, presque tous les hommes valides qui n’acceptaient 
pas le travail « volontaire» avaient été contraints d’exécuter les 
travaux forcés ». 
Voici les deux tableaux résumant les données recueillies par le 
Fonds de Chômage.
	        
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