Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

SUPPRESSION SECOURS CHOMAGE. INSTITUTION SECOURS ALIMENTAIRE 177 
Tous ces secours spéciaux étaient donc réunis et devenaient le 
Secours Alimentaire. 
C’était l’abandon d’un secours spécial destiné à la classe ouvrière. 
Les partisans du Secours Chômage y avaient vu la préoccupation de 
ménager la dignité du travailleur, un souvenir de l’assurance chômage 
où elle existait et là où elle n'existait pas, un encouragement, un 
avant-goût de cette assurance pour l’avenir. 
Mais il fallait reconnaître que, par suite de la longue durée de la 
guerre, la misère s’était étendue à toutes les classes de la société et 
s’était considérablement aggravée. Tout le monde était devenu néces- 
siteux. Tout le monde allait au misérable ravitaillement, dans cer- 
taines villes même tout le monde allait à la soupe populaire. Du 
moment que les pouvoirs publics étaient obligés d'étendre leurs 
secours à presque toute la population, du moment que l’entr’aide 
sociale devenait permanente, il n’était plus question de faire une 
place à part à l’ouvrier, d’autant plus que la presque totalité des 
chômeurs participaient au Secours A, qui était donné sans distinction 
personnelle. 
Le second caractère de la réforme était l’augmentation des secours. 
Par rapport au Secours Chômage, le Secours Alimentaire est évidem- 
ment supérieur. En effet, il atteint, au maximum : 
Pour les personnes de plus de seize ans, 4 francs par semaine, 
alors que la ménagère n’en recevait que 1 fr. 50 ; pour les enfants de 
10 et 16 ans, 3 francs au lieu de 50 centimes ; 
Pour les enfants de moins de 10 ans, 2 francs au lieu de 50 centimes. 
Ces taux avaient été arrachés, après de longues négociations, aux 
autorités allemandes. 
Il y a lieu, toutefois, de faire observer que cette augmentation 
était, pour certaines localités, purement théorique. En effet, en beau- 
coup d'endroits, le Secours À avec les allocations dues aux communes 
et aux Comités provinciaux, atteignaient déjà ces taux. Mais, comme 
ce n’était pas le cas partout, le Secours Alimentaire, en les générali- 
sant, représentait une augmentation de bien-être. 
En outre, l’état de besoin, base de l’admission au secours, était 
également plus élevé, du moins pour les ménages de composition 
moyenne. 
Il était porté aux chiffres suivants : 
Pour les ménages d’une personne  7fr. par semaine 
— de deux personnes 10 fr. 50 — 
trois = 14 fr. _ 
quatre — 17 fr. 50 — 
cinq — 21 fr. 
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