CARACTÈRES ESSENTIELS AU POINT DE VUE ÉCONOMIQUE 5
se manifestait surtout par la proportion des personnes occupées
dans l’industrie, qui s’accroissait continuellement par rapport à la
population totale. De 7 pour cent en 1846, elle était passée à 18 pour
cent en 1896, et elle était montée à 23 pour cent en 1910.
Et pourtant ce n’est pas l’abondance de ressources naturelles
qui était la cause de cette primauté : c’était surtout, comme pour
l’agriculture, l’activité du peuple qui faisait la prospérité de la
nation. Comme principale richesse naturelle, elle n’avait guère que
ses mines de houille, qui produisaient en 1913, 22.841.000 tonnes,
valant 419 millions de francs, et occupaient 145.000 ouvriers. Depuis
longtemps, ses mines de fer étaient épuisées, mais cela n’empéchait
pas ses 54 hauts fourneaux à feu en 1913 de produire 2.484.690 tonnes
de fonte, ses fabriques de fer, de produire 304.350 tonnes de fers
finis et ses aciéries de donner 2.405.000 tonnes d’acier brut et 1.858.000
tonnes d’aciers finis. Elle n’avait guère de minerai de zinc, mais ses
14 fonderies de 1913 produisaient 204.000 tonnes de zinc brut et
ses 10 laminoirs, 515.000 tonnes de zinc laminé, ce qui la mettait
immédiatement après les Etats-Unis et l’Allemagne pour la produc-
tion de ce métal. Ses usines à plomb, avec leurs 55.000 tonnes, lui
donnaient le troisième rang en Europe.
L’industrie du verre, ancienne et florissante, au pays de Charleroi,
avait une exportation mondiale, et les glaceries perfectionnées fabri-
quaient environ le quart de toute la production de glaces.
Dans les industries textiles, si les Flandres n’avaient plus la pri-
mauté universelle qu’elles eurerit au moyen âge, Verviers tenait, pour
la laine et le drap, une place de premier rang, comme Gand et Courtrai,
pour certaines qualités de fil et de tissus de lin.
Pour tout résumer en deux chiffres, le recensement du 31 décembre
1910 fixait à 1.710.161 le nombre de personnes occupées dans l’indus-
trie et l’on évaluait de 2 milliards et demi à 3 milliards de francs
la valeur des produits fabriqués.
Ce qu’il faut retenir pour apprécier l’importance de l’arrêt du
travail, c’est que de plus en plus, les principales industries vivaient
de l’exportation. La verrerie et la glacerie vendaient à l’étranger
près des neuf dixièmes de leur production, la métallurgie et la cons-
truction mécanique près des deux tiers, les filatures de lin, de laine,
de soie artificielle, également, l’industrie des armes à feu, les trois
quarts, et d’autres de même. Dans l’économie de la nation, l’indus-
trie jouait un rôle de plus en plus capital, parce que, en présence
du déficit relatif croissant de l’agriculture, elle seule permettait
à la population de vivre aussi dense sur un territoire aussi exigu,
dépourvu de grandes richesses naturelles. Le Belge se procurait à