Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

ANNEXE N° ] 201 
A partir de la 38e quinzaine, nos payements se sont effectués à nouveau 
en espèces. Cependant, pour parer à la pénurie de monnaie nous avons 
été obligés d’introduire des bons à O fr. 25 à partir du 57me payement. 
D'autre part, à dater de la 54me quinzaine, les secourus ont reçu leur 
indemnité partie en bons de soupe, partie en argent. 
TRAVAUX COMMUNAUX 
L’oisiveté forcée dans laquelle se trouvaient les chômeurs complets, 
étant de nature à porter préjudice à leur santé morale, la Commune décida 
de faire exécuter certains travaux d’utilité publique, afin d’en occuper le 
plus grand nombre possible. 
C’est ainsi que depuis le 22 novembre 1915 jusqu’au ler juillet 1916, 
250 chômeurs furent occupés à tour de rôle aux travaux d’amélioration 
de la forêt de la Vecquée. 
I leur fut distribué un salaire total de fr. 12.424,00 ainsi que certains dons 
en nature. En outre, notre Comité leur versa, chaque quinzaine, l’indemnité 
entière du chômage. 
Ajoutons que ce sont dans les chômeurs et chômeuses secourus, qu’ont 
été choisies les personnes nécessaires pour assurer la marche des différents 
services provisoires de secours et de ravitaillement, de la police, etc. 
Cours ÉLÉMENTAIRES POUR CHOMEURS 
Mentionnons la tentative du Comité National de créer l’obligation sco- 
laire pour tous les chômeurs. Il avait cru devoir prendre cette décision, 
en suite des constatations suivantes : 
Insuffisance des connaissances techniques ; 
Grand nombre de chômeurs de 16 à 30 ans ne sachant pas apposer leur 
signature sur les listes d’émargement. 
Chaque chômeur fut invité, par notre Comité, à remplir personnelle- 
ment un questionnaire. Des fiches devaient servir en quelque sorte d’exa- 
men et faciliter l’élaboration des divers programmes. 
Une commission spéciale fut chargée de l’examen des questionnaires 
et remit, en octobre 1915, un rapport documenté. 
Détachons, de ce rapport, les quelques paragraphes suivants : 
« Sur 2.040 chômeurs, 222 seulement ou 10,87 % ont terminé leurs 
« études primaires. Le nombre des illettrés totaux est plus considérable 
« encore. Il atteint 272 ou 13,33 %. Mais la quantité des chômeurs qui, 
« sans être des illettrés totaux, n’ont que des notions absolument rudi- 
« mentaires, est presque triple. Le nombre des chômeurs qui ont quitté 
« l’école primaire sans avoir terminé leur 3me année d’études est, en effet, 
« de 707 ou 35,65 %.. 
« Du moins semblent-ils avoir conscience des nécessités qui s’imposent 
« à eux. Le nombre des chômeurs désireux de suivre les cours de l’école 
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