Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

6 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE 
l'étranger son pain pendant dix mois, sa viande, ses œufs, la graisse 
alimentaire, lui achetait ses minerais, sa laine et tant de matières, 
en travaillant dur et à bon marché et en vendant à ses fournisseurs 
de grandes quantités de demi-produits ayant en général une faible 
valeur, et un petit nombre de produits finis — situation qui avait été 
créée par le protectionnisme douanier de tous ses voisins. 
Ce régime n’est explicable que quand on se rend compte enfin 
de l’importance de la situation géographique du pays. La Belgique 
est essentiellement un pays de transit. Elle se trouve au carrefour de 
grandes routes maritimes et terrestres. C’est ce qui fait la valeur de 
son commerce qui, au 31 décembre 1910, occupait 522.763 personnes. 
«Le plus puissant courant commercial maritime du monde prend 
naissance sur le pourtour de la Mer du Nord et se dirige vers l’ouest. 
Il s’épanouit en un faisceau de lignes de navigation dirigées vers les 
pays d’Amérique, vers l’Afrique et vers la Méditerranée. La Belgique, 
située à l’origine de ce courant commercial et y prenant une part 
active par le port d’Anvers, n’est pas isolée. Elle reçoit aisément, et 
de première main souvent, les denrées alimentaires et les matières 
premières et expédie facilement vers les pays d’outre-mer les produits 
de ses usines ». (1) 
De là la primauté d’Anvers, qui était en 1912 le premier port de 
l’Europe, avec un trafic représentant 13.751 tonnes-registre à l’entrée, 
et 13.722 à la sortie, tandis que Hambourg n’avait que 12.347 tonnes 
et 12.595, Londres 12.986 et 11.066, Rotterdam 11.548 et 11.528, 
Liverpool 11.810 et 9.008. Seul au monde, New-York le dépassait, 
avec 14.464 et 14.371 tonnes. 
Aussi, le commerce extérieur de la Belgique était une de ses gloires. 
La valeur des importations avait atteint en 1913 5.050 millions de 
francs, celle des exportations 3.716 millions, ce qui classait le pays 
au sixième rang en valeur absolue, et au second rang en valeur relative, 
avec 661 francs d’importation et 486 francs d’exportation par tête 
d’habitant. Le transit, qui dénote aussi en un certain sens, une indus- 
trie importante, celle des transports, se montait à 2.460 millions 
ou 322 francs par tête d’habitant, proportion qui n’était atteinte nulle 
part. 
Ces résultats n’étaient possibles que par le développement extraor- 
dinaire de l’outillage de la nation, tels, les chemins de fer. La Belgique 
avait été la première, en 1835, à adopter l’exploitation des chemins 
(1) DELMER, Aperçu général et caractéristique de l’industrie belge, dans Etudes sur la 
Belgique. Anvers, 1912. 
Voir aussi dans la présente collection, CH. DE KERCHOVE, L’Industrie belge pendant 
l’occupation allemande, 1'e partie, ch. I.
	        
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