Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

14 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE 
tion d’un Comité, sous le patronage des Ministres d’Espagne et des 
Etats-Unis et la présidence de M. Ernest Solvay (1). 
Le Comité était constitué le 5 septembre sous le nom de Comité 
Central de Secours et d’Alimentation. Son but immédiat était la 
distribution d’aliments aux indigents et aux sans-travail de l’agglo- 
mération bruxelloise, mais son président en prévoyait l’extension 
à tout le territoire belge en appelant « l’intervention de tous les Belges 
demeurés relativement heureux en faveur des Belges devenus malheu- 
reux » (2). 
Ce Comité était déjà une organisation centrale puisqu’il accordait 
des subsides aux différents Comités de Secours formés à Bruxelles et 
dans les autres communes de l’agglomération pour organiser des can- 
tines populaires, «première manifestation du Département Se- 
cours » (3). 
Il obtint sans retard de l’autorité militaire allemande — qui pouvait 
craindre des désordres si la population manquait de vivres — des 
sauf-conduits de protection pour les denrées destinées à ses œuvres 
d’alimentation. L’autorisation d’apposer ces « affiches de protection » 
allemandes sur ses véhicules et ses magasins fut ainsi la première 
reconnaissance officielle du Comité Central. D’autre part, comme 
les communes de l’agglomération bruxelloise avaient fait d’impor- 
tants achats de vivres qu’elles craignaient se voir réquisitionner, 
elles les transférèrent au Comité Central pour ses cantines popu- 
laires, et c’est le premier stock d’aliments du « Département Alimen- 
tation » qui allait prendre tant d'extension (#). 
Ce serait sortir du cadre de notre étude que de rappeler les diffi- 
cultés qui assaillirent le Comité à cette époque : les stocks vite épuisés, 
la résistance du Gouvernement anglais à permettre l’importation 
de vivres en Belgique au risque de rompre le blocus de l’Allemagne, 
les négociations entreprises par les ministres neutres auprès du Gou- 
vernement britannique et du Gouvernement belge. 
Mais nous rappelons, parce que c’est nécessaire pour caractériser 
la situation du Comité National, que sous la date du 16 octobre, le 
baron von der Goltz, gouverneur général de la Belgique occupée, 
accordait au Comité l’assurance que « les vivres de tous genres impor- 
tés par lui pour l’alimentation de la population civile belge, 
seraient exempts de réquisition de la part des autorités militaires 
et resteraient à sa disposition exclusive » (5) — premier engagement 
(1) Avis de la Ville de Bruxelles, 28 août 1914. V. Rapport cité, annexe III. 
(2) Ibidem, annexe 1v. 
(1) Ibidem, p. 23. 
(*) V. Rapport Général, p. 24. 
(>) Ibidem, annexe xxxII.
	        
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