LES FONDS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE = 39
« Notre organisme ne peut se désintéresser des efforts qui ont été
faits par les travailleurs prévoyants en vue de s'assurer contre les
conséquences néfastes du chômage, et nous pensons que les communes
par lesquelles notre œuvre a été constituée, doivent, dans la mesure
de leurs moyens, s’employer à la maintenir.
« C’est pourquoi nous vous prions de bien vouloir nous faire savoir
si vous êtes d’accord pour admettre l’application d’un régime excep-
tionnel jusqu’à la fin de la période de guerre et, dans l’affirmative,
si vous nous autorisez à faire, pour votre compte, les dépenses qui
en découlent.
«Ce régime consisterait en allocation de subventions calculées
sur les indemnités de chômage, à raison de 50 pour cent, taux maxi-
mum prévu par notre règlement, ou de tout autre taux inférieur que
vous voudriez indiquer en tenant compte de l’état de vos ressources.
«La perception des cotisations ayant été forcément interrompue
dans toutes les associations, la part du subside réglementaire calculée
sur cette base serait suspendue jusqu’à nouvel ordre. »
Le Comité du Fonds dé Liége s’était d’ailleurs déjà adressé au
Comité National pour lui demander une intervention fixe ou des
subventions périodiques qu’il aurait réparties entre ses membres
conformément à son règlement.
A Anvers, le Fonds de Chômage de la ville avait continué à payer,
jusqu’au bombardement, 80 centimes de majoration en plus des
20 centimes payés par quelques associations ; mais la plupart de
celles-ci avaient rapidement épuisé leurs ressources.
A la fin, il n’y en avait plus que trois qui continuaient à intervenir ;
après le bombardement, la majoration avait été réduite à 60 centimes
pour les personnes âgées de 21 ans, et à 40 centimes pour celles âgées
de 18 à 21 ans. D'ailleurs, les mêmes secours étaient alloués à tous
les chômeurs, prévoyants ou non. D’après une note parue dans la
presse, il y aurait eu à cette époque (janvier 1915) 33.148 sans-travail
secourus, coûtant à la Ville 100.000 francs par semaine.
Dans les communes suburbaines, tout secours aux chômeurs
avait été supprimé.
A Louvain, les opérations du Fonds de Chômage avaient pris fin
dès le 1er août. Mais l’administration communale avait institué des
travaux de secours pour chômeurs, leur payant un salaire de 2 fr. 50
par jour.
A Ninove, le Fonds de Chômage avait été incorporé, dès la pre-
mière semaine de la guerre, avec les institutions charitables, dans
un fonds de secours communal, alimenté par des souscriptions publi-
ques, les subventions de la Ville, puis celles du Comité National.