42 _ LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
dès à présent, que dans la mesure du possible ces secours seront
distribués par l’intermédiaire des organismes existants ».
Ainsi l’idée est de conserver autant que possible l’activité des
caisses ou des syndicats, en profitant de leur expérience. Il est hors
de doute qu’il faut voir là le résultat de la préoccupation des leaders
ouvriers, qui voyaient avec angoisse la catastrophe nationale entrai-
ner la disparition d’œuvres vivantes à laquelle ils avaient consacré
tant d'efforts. Nous verrons plus loin qu’il ne fut pas partout possible
de se servir des Fonds de Chômage ni des associations profession-
nelles pour la distribution des secours.
Enfin, le Président terminait sa communication en disant : « Les
charges résultant de ce nouvel organisme seront supportées à raison
de 4/5 par le Comité National (3/5 secours extraordinaires et 1 /5
secours ordinaires), le 1/5 restant étant à charge des communes ».
L'intervention des communes était une des bases de l’organisation
du Fonds de Chômage. Elle se justifiait tout autant pendant l’occu-
pation ennemie ; c’était une garantie que les communes, intéressées
aux dépenses, auraient à cœur de surveiller l’emploi des fonds et
de veiller au bon fonctionnement du service. Toutefois, l’appel aux
communes offrait un inconvénient : c’était donner aux autorités
allemandes, qui avaient la haute main sur les communes, l’occasion
de s’ingérer dans le service des secours. Dans la suite, on fut amené,
pour cette raison, à supprimer toute intervention communale.
Le Comité National exprima ses intentions dans une circulaire
aux administrations communales dont le projet fut discuté dans
les séances du 18 au 25 février 1915.
La circulaire engage avant tout les communes, afin d’occuper le
plus de chômeurs possible, à faire effectuer des travaux d’utilité
publique, tels que travaux de voirie, de terrassement, défrichement
ou assainissement, etc. Le Comité s’offre à procurer aux communes
les ressources nécessaires.
Le Fonds général de Chômage est destiné essentiellement aux
communes qui ne sont pas à même d’occuper tous leurs chômeurs
ou d’effectuer un travail d’utilité publique.
La première chose à faire est le recensement des chômeurs. Le Co-
mité donne à ce sujet les principes directeurs :
19 Tout d’abord la définition du chômeur. « Est considéré comme
chômeur, l’ouvrier, l’artisan, l’employé de l’industrie et du commerce
des deux sexes, ayant plus de 16 ans et moins de 65 ans, qui vivant
du produit de son travail, s’est vu privé de ce travail par suite de
la crise provoquée par la guerre et se trouve actuellement dans le
besoin ».