44 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
et les comités à faire diligence pour opérer le recensement des chô-
meurs, et à veiller à ce qu’il soit sincère et aussi exact que possible.
La discussion qui eut lieu au sein du Comité National dans les
deux séances des 18 et 25 février est intéressante à analyser, parce
qu’on y voit d’une part quelques-unes des idées qui ont dirigé les
auteurs du projet et d’autre part les difficultés qui furent aperçues
dès le début par les hommes d’affaires et les administrateurs qui
constituaient le Comité.
Tout d’abord l’idée de soutenir les communes qui veulent organiser
des travaux pour chômeurs est à tout le monde sympathique. C’est
là «l’œuvre sociale » par excellence, non seulement parce que c’est
un remède efficace contre le chômage en général, mais parce qu’on
doit tendre à la «reprise du travail ». Personne n’a dit que l’expé-
rience avait démontré que ce remède est souvent illusoire, qu’il faut
des circonstances vraiment rares pour qu’il réussisse. On se disait
que même si les travaux coûtaient cher, ils coûteraient encore moins
que des indemnités gratuites, sans contre-prestations.
Mais on a immédiatement eu la certitude que ce système pouvait
Occasionner des dépenses très considérables.
Les uns ont avancé que le Crédit Communal mettrait des fonds
à la disposition des communes. Le Crédit Communal est un institut
financier officiel, alimenté en partie par l’impôt et ayant le droit
d'émettre des obligations, qui est destiné à faire des prêts aux com-
munes. Mais un administrateur de cet établissement qui était présent,
à fait observer immédiatement que ces ressources seraient de plus
en plus limitées et qu’il ne fallait guère y compter.
Une préoccupation qui anima plus d’un membre aussi fut de ne
pas énerver l’initiative des communes qui avaient déjà institué des
travaux de secours. On indiqua l’exemple d’Anvers, qui examinait
la possibilité d’entreprendre des travaux importants, tels que le
creusement des darses, et qui avait déjà constitué un fonds pour
favoriser la fabrication de briques dans la région de Boom. 300.000
francs avaient été réunis et avancés à des communes dans la région
qui, à leur tour faisaient des avances en bons de salaires. Ces bons
étaient remboursables à raison de 80 pour cent en vivres et des
magasins spéciaux avaient été établis dans la contrée.
Un membre représentant le Comité du Luxembourg expliqua que
dans cette province on avait adopté un système différent, qui con-
sistait alors à acheter directement certains produits, comme les
ardoises.
Les conséquences morales et sociales de l’œuvre de Secours
n’échappèrent pas non plus à divers membres. De grands indus-