60 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Sauf dans la province de Hainaut, où un fonctionnaire allemand
assiste à toutes les séances du Comité provincial, les Comités
provinciaux tiennent leur réunion sans témoin officiel allemand. Mais
le président du Comité Provincial est tenu de rendre compte au
président de l’Administration civile allemande de tout ce qui regarde
son activité, notamment des sommes dépensées en secours et de
la marche du Secours Chômage.
Là où il y a un service spécial provincial pour le Secours Chômage,
le chef du service doit être en relations constantes avec un fonc-
tionnaire désigné à cet effet dans l’administration civile allemande.
L’auteur de cet ouvrage eut ainsi périodiquement à justifier toutes
les mesures qu’il eut à prendre devant un officier qui avait des con-
naissances étendues en matière sociale et qui avait exercé des fonctions
administratives dans une grande ville allemande. Ce fonctionnaire
finit par connaître de façon parfaite tous les règlements, toutes les
instructions concernant le Chômage. Il aimait à en discuter les termes
et la portée, à soulever des cas d’application et à se faire préciser
le jeu de tous les rouages administratifs.
Bientôt l’administration allemande s’institua la gardienne des
règlements. Elle accueillit avec complaisance les réclamations que
les intéressés ne manquaient pas d’élever contre des décisions qui
les privaient de secours ou ne leur accordaient point ce qu’ils espé-
raient. Alors, le pouvoir occupant, règlement en mains, demandait
au Comité local ou provincial, la justification de ses mesures.
Juridiquement, le Comité National n’avait pas de comptes à
rendre de l’emploi de ses fonds. Les secours qu’il accordait ne cons-
tituaient pas des droits pour leurs bénéficiaires. Mais, comme l’autorité
allemande lui avait imposé d’accorder des secours sans privilège
pour certaines catégories de personnes, et lui avait interdit d’autre
part d'’infliger des amendes ou d’instituer des sanctions par la sup-
pression des secours ou autrement, il était amené naturellement à
justifier l’interprétation qu’il donnait à ses propres règlements.
L'instruction de ces réclamations appuyées par l’autorité allemande
causa beaucoup de tracas aux Comités provinciaux et locaux. Nous
aurons l’occasion d’en examiner un certain nombre et de montrer
dans quel esprit s’effectuait l’intervention du pouvoir occupant.
Quand la réclamation avait une portée générale, l’affaire était
portée devant le Comité National qui la traitait avec la Vermitt-
lungstelle des Nationalen Comités à Bruxelles et allait jusqu’à recourir
à la protection des ministres des puissances neutres.
Les Comités locaux avaient pour instructions, dès que l’autorité
allemande les inquiétait, d’en référer au Comité provincial. Mais