RELATIONS AVEC LES AUTORITÉS ALLEMANDES il
il arriva souvent que l'officier du ressort local essaya d’user d’intimi-
dation et de pression pour se faire livrer des renseignements ou pour
interdire l’application de certaines mesures. Bien souvent, les Comités
locaux furent interrogés sur l’«origine des fonds dépensés » ; ils
devaient répondre que ces fonds leur était remis par le Comité pro-
vincial, qui les tenait du Comité National, et que c’était là qu’on
en connaissait l’origine.
Plus souvent encore l’autorité allemande demanda communi-
cation des listes de chômeurs secourus. Les Comités locaux avaient
ordre de ne pas les livrer. Le but de l’occupant était trop clair : il
voulait pouvoir au besoin agir sur les secourus pour les contraindre
au travail en faveur de l’armée d’occupation ou des industries qui
la servaient. On peut dire que la grande majorité des Comités observa
les prescriptions du Comité. Mais au moment de la déportation en
masse des ouvriers, il y eut pour beaucoup d’entre eux de l’héroïsme
à résister aux ordres impératifs, souvent accompagnés de menaces,
des officiers allemands.
Une des difficultés de la situation des Comités locaux provenait de
ce qu’ils étaient forcément en relations avec les administrations
communales, et que celles-ci étaient directement sous l’autorité
occupante, qui avait le droit de leur donner des ordres. Delà ce soin
que prit constamment le Comité National de recommander à ses
sous-organismes de se tenir nettement séparés de l’administration
de la commune et de revendiquer en toute occasion leur indépen-
dance absolue.
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