70 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Après quelque tâtonnement, le Comité National fut informé,
le 6 mai 1915, que le système d’assistance aux chômeurs était arrêté
de la manière suivante :
« Le bénéfice intégral des secours prévus à l’article 22 du règlement
pourra être étendu aux chômeurs partiels si le salaire de ceux-ci ne
dépasse pas 5 francs par semaine. Si le salaire dépasse ce taux, les secours
seront réduits à raison de Ofr. 50 par franc ». Il était entendu que,
s’il y avait plusieurs chômeurs dans le ménage, leurs salaires devaient
être réduits d’après la règle énoncée.
Le Président, en communiquant cette formule, donnait d’ailleurs
des exemples d’application de nature à faire comprendre le méca-
nisme du système. On les trouvera résumés dans le tableau de la
page suivante.
L'idée fondamentale du système était donc « d’immuniser » c’est-
à-dire de ne pas prendre en considération le salaire jusqu’à 5 francs,
puis de réduire l’indemnité de la moitié du salaire dépassant cette
somme, jusqu’à extinction de la dite indemnité. La formule était
donc pour le célibataire :
salaire — 5 francs
Secours = 3 francs — —— ——_—
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et, d’une manière générale, pour un ménage :
indemnité du ménage salaire — 5 francs
Secours = si le chômage était complet — —— ——
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Ce système qui combinait l’encouragement au travail avec le
secours, compliquait quelque peu le travail des Comités. Il ne suffi-
sait plus d’avoir la preuve du chômage et la composition de la famille,
il fallait connaître les salaires gagnés par tous les membres de la
famille restés au travail. C’était obliger les Comités à une surveillance
des chômeurs plus complète et plus continue.
Cela explique pourquoi il fallut plusieurs semaines pour que le
régime pût être appliqué dans tous les Comités provinciaux.