T& _ LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
de même si le secours, joint aux ressources dont peut disposer le
ménage d’un chômeur, dépasse la « quantum » du besoin de ce ménage
tel qu’il est estimé par le Comité National. En d’autres termes, une
fois que l’état de besoin vient à disparaître, la cause de l’intervention
cesse également d’exister». C’était indiquer aux Comités locaux
la nécessité de fixer, pour leur ressort, un minimum de ressources
comme constituant la limite du besoin, et en outre, de faire des réduc-
tions de secours.
Le Président rappelait encore que si le Secours Chômage ne peut,
en principe, se cumuler avec le secours ordinaire du Comité National
— pour éviter les doubles emplois — il pouvait du moins se combiner
avec eux : un ménage ayant beaucoup d’enfants en dessous de seize
ans et pour lequel le secours chômage serait insuffisant pouvait
recevoir un secours ordinaire supplémentaire jusqu’à concurrence
de son «état de besoin ».
Enfin, constatant que le Secours Chômage allait coûter par mois
plus de onze millions de francs, le Président concluait : « La charge
du Secours Chômage est donc énorme. Il faut absolument qu’elle
diminue ; aussi le Comité National espère que les Comités Provin-
ciaux, Régionaux et Locaux de secours et d’alimentation compren-
dront que leur devoir est d’opérer une vérification minutieuse des
listes de chômeurs et de soumettre à un examen sérieux toute ins-
cription sur ces listes. Il est certain que des abus se sont produits
dans la confection des listes. Ils doivent disparaître. Il nous a été
signalé, notamment, dans cet ordre d’idées, qu’il s’était trouvé des
personnes assez dénuées de scrupules pour remettre à des prétendus
chômeurs des certificats de chômage de complaisance ; on nous a
affirmé également que les Comités locaux admettent au bénéfice
du secours les ouvriers qui refusent d’accepter, sans motif admis-
sible, un travail convenable qui leur est offert. Ce sont là des errements
auxquels il faut énergiquement couper court ».
Cet appel fut entendu par certains Comités, car à la séance du
27 mai, le nombre de chômeurs était légèrement diminué, il était
devenu 764.222 et le Président constatait qu’un Comité, celui de
Courtrai, grâce à un travail minutieux de revision des listes, avait
obtenu une sérieuse diminution du nombre des inscriptions. De
61.263 chômeurs et chômeuses recensés au 15 février 1915, il était
descendu à 42.927.
La discussion qui suivit au Comité National, l’objurgation du
Président, est intéressante parce qu’elle montre les préoccupations
des délégués. On demande par exemple, de fixer pour tout le pays
le quantum de l’état de besoin. « Il faudrait, disait-on, une forme