LES DÉBUTS DE LA MISE EN MARCHE DU SERVICE 3
générale, car les différences d'appréciation à cet égard sont très
grandes. C’est ainsi qu’à Saint-Gilles (commune de l’agglomération
bruxelloise) l’on se basait sur le taux de 1 fr. 50 par jour et par per-
sonne, alors qu’à Liége on a fixé à 0 fr. 50 le montant du besoin avec
l’échelle dégressive lorsqu’il y a des enfants ». On se demanda aussi
si la vie coûtait réellement moins cher à la campagne qu’à la ville :
on disait qu’à cette époque des villages étaient réduits, pour certains
de leurs habitants, aux vivres du Comité National, et que le prix
en était augmenté des frais de transport. Le délégué du Luxembourg,
pour répondre à la critique qui avait été faite du nombre de chô-
meurs admis, avait fait remarquer que la statistique du Recensement
industriel de 1910 ne comprenait pas les terrassiers et les ouvriers de
services divers, que dans la province du Luxembourg, c'était dans
ces catégories de travailleurs qu’il se trouvait le plus de chômeurs.
D’autres membres recommandaient de faire poursuivre devant
les tribunaux ceux qui fournissaient des certificats de complaisance,
et beaucoup assuraient que pour atteindre les abus, il fallait néces-
sairement un service spécial d’inspection.
C’est ce qui fut réalisé dès le début du mois de juin. À la séance
du 3 juin, le Président annonça que le Comité avait nommé des
inspecteurs, qui auraient pour mission de vérifier les opérations
des Comités locaux, pourraient se faire produire les fiches et tous
documents justifiant les décisions prises, ainsi que la comptabilité et
les pièces comptables ; ils avaient en outre le droit de faire des en-
quêtes sur place, instruire des réclamations, prendre tous les ren-
seignements utiles au bon accomplissement de leur mission ; les Co-
mités avaient pour devoir de leur prêter assistance.
Le 10 juin, on put faire connaître les premiers résultats de l’inspec-
tion : l’organisation adoptée par certains Comités locaux devait être
remaniée; il y avait eu des erreurs dans la formation des listes de
chômeurs et la fixation des secours. L’un des abus contre (lequel
s’élevait le Président était la distribution dans certaines provinces,
des secours en argent. Or, le Comité National avait pris — vis-à-vis
des autorités allemandes notamment — l’engagement de remettre
les secours en nature aux nécessiteux ; il demandait donc aux Comités
provinciaux de prendre les mesures nécessaires pour que cet enga-
gement fut tenu.
C’était révéler les difficultés que soulevait l’organisation de la
distribution des secours au moyen de « bons ». Nous aurons l’occasion
d’y revenir.
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