Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

78 _ LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE 
chômeurs en se basant sur le recensement opéré par les communes, 
qui avait été accompli en trois semaines et arrêté le 10 mars. 
Dans beaucoup de localités, le nombre de chômeurs se trouva aug- 
menté notamment à cause de l’admission des sans-travail âgés de 
plus de 65 ans, et à cause de l’interprétation un peu extensive du 
règlement. Celui-ci n’étant pas encore à cette époque, définitivement 
formulé, le service provincial avait envoyé une circulaire interpré- 
tative aux Comités locaux, pour répondre aux nombreuses questions 
posées. 
La tâche était particulièrement difficile pour la ville de Liége, 
agglomération de 160.000 âmes. Le Comité local, composé de 17 
personnes, procéda en moins de dix jours à un recensement des sans- 
travail, et se divisa en sept sous-comités de quartier qui s’attachèrent 
à examiner environ 14.000 fiches de chômeurs. Le 3 mai, le paiement 
des allocations put commencer. 
Pour l’ensemble de la province, toutefois, le nombre de chômeurs 
admis à la première distribution n’atteignit pas le nombre de chô- 
meurs repris au recensement du 15 février, et il s’abaissa encore durant 
le mois de mai, par suite des réductions successives qui résultaient de 
la révision des listes par les Comités locaux. Il se releva ensuite nota- 
blement quand le secours fut étendu aux chômeurs partiels, sans 
cependant atteindre encore le chiffre du recensement. Il était alors 
égal à 86,5 pour cent de ce chiffre. 
Une attention particulière était consacrée à l’organisation de la 
comptabilité. Le service, en effet, était essentiellement une distri- 
bution de fonds périodique — par quinzaine — qui devait être jus- 
tifiée jusqu’au dernier centime. Le Comité National exigeait que, 
d’après les listes d’émargement signées des chômeurs eux-mêmes, 
et transmises au Comité provincial, celui-ci lui fournit un état 
récapitulatif indiquant le nombre de ménages et de secourus, les 
provisions aux Comités locaux, le montant des secours distribués 
et le reliquat ou déficit éventuel. 
Les sommes remises par le Comité provincial aux quatre Comités 
d'arrondissement étaient réparties par ceux-ci entre les Comités 
locaux. Au début, ils n’opérèrent pas de même. Les Comités des 
arrondissements de Liége et de Waremme remettaient aux Comités 
locaux des provisions, c’est-à-dire des avances approximatives, et 
le montant en était modifié, de quinzaine en quinzaine, d’après la 
liste d’émargement produite. Mais les Comités des arrondissements 
de Huy et de Verviers avaient voulu éviter de laisser un reliquat aux 
mains des Comités locaux. Il exigeaient d’eux l’état envoyé à l’avance 
et signé par les chômeurs et versaient la somme exacte.
	        
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