Full text: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

TRAVAUX POUR CHOMEURS : 
des salaires payés par elles aux ouvriers. Ce régime eut pour avantage 
d’intéresser les communes à ne décréter que des travaux utiles et 
d’en surveiller la bonne exécution. Finalement, le Comité National 
décida que le chômeur occupé par la commune devait être considéré 
comme chômeur total : il fallait lui compter, s’il avait femme et enfants, 
les indemnités qui revenaient à ceux-ci, et la commune avait le droit 
de retenir, ou plutôt d’imputer sur le salaire l’ensemble des indem- 
nités dues au chômeur, à sa ménagère et ses enfants. Le salaire, 
d’ailleurs, ne devait jamais être inférieur à cette somme. 
Beaucoup de communes s’engagèrent dans la voie indiquée par 
le Comité National. C’est ainsi que dans la province de Liége, à la 
fin de 1915, plus de cent communes faisaient exécuter des travaux 
par les chômeurs. On évaluait à plus de 3.000 les ouvriers ainsi secourus. 
Le Comité provincial du Luxembourg commença même par adopter 
ce système à l’exclusion de tout autre. Nous lui consacrerons quelques 
pages plus loin. Dans le Limbourg également, le défrichement des 
bruyères, l’appropriation des terrains marécageux, l’ouverture et 
l’amélioration de chemins vicinaux donnèrent du travail à des milliers 
d’ouvriers. 
Dans la province de Namur, le Comité fit aux chômeurs l’obligation 
de fournir 20 heures de travail par semaine à la commune. 
Il est probable que, vu l’accroissement du service, ce régime se fût 
développé et aurait fini par être organisé partout d’une manière 
satisfaisante. Mais un moment vint où il déplut à l’administration 
allemande. 
Le 2 mai 1916, le Gouverneur général von Bissing prenait l’arrêté 
suivant : 
« Arr. ler, — Les travaux qui, indirectement ou directement, ont 
pour but de procurer du travail rémunéré aux chômeurs (travaux 
pour chômeurs) doivent au préalable être déclarés au bourgmestre 
de la commune sur le territoire de laquelle on compte les faire exécuter. 
Le bourgmestre est tenu d’en transmettre la déclaration au commis- 
saire civil (Zivil Kommissar) du canton. Celui-ci s’adressera au prési- 
dent de l’administration civile de la province, qui décidera. L’exécution 
non autorisée de travaux pour chômeurs est interdite. 
Les travaux pour chômeurs dont l’exécution est déjà commencée 
avant l’entrée en vigueur du présent arrêté doivent être déclarés 
au plus tard le 12" juin 1916. 
« ART. 2. — Quiconque fait exécuter des travaux non autorisés 
pour chômeurs et quiconque provoque l’exécution de tels travaux 
sera puni, soit d’une peine d’emprisonnement de 3 ans au plus et 
d’une amende pouvant atteindre 20.000 marks, soit l’une de ces 
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