LA NATURE
rence de la houille qui est morte et fossile, il n’en est pas
moins vrai que la première est en quantité limitée tout
comme la seconde et qu’il ne sera jamais en notre pouvoir
d'augmenter le nombre et la puissance des cours d’eau, mais
seulement de les mieux aménager.
A son défaut on rève d’aller demander au soleil lui-même
la force dont nous avons besoin. Mais, en admettant même
qu'on y réussisse, cette force empruntée au soleil sera limitée
plus encore que les autres forces naturelles, car le soleil ne
brille ni toujours, ni partout. Si c’est lui qui doit faire mar-
cher un jour nos usines, quel coup pour l’Angleterre, bien
pis que la concurrence de la houille blanche ! Les brouillards
de la mer du Nord deviendront son linceul et ce sera désor-
mais au fond du Sahara que l’industrie humaine devra aller
bâtir ses capitales.
La question des machines.
Les forces naturelles captées par les machines font des
prodiges sur lesquels l’habitude nous a blasés. Non seule-
ment elles permettent d’exécuter les mêmes travaux qu’au-
trefois dans des conditions de supériorité stupéfiantes, mais
surtout elles ont permis d'accomplir des travaux auxquels on
n'aurait pu songer autrefois. Pour ne citer que deux exemples
entre cent, le journalisme et les chemins de fer, ces deux
grands facteurs de la civilisation, qui ont si profondément
modifié toutes les conditions de la vie moderne, — non
seulement économiques, mais publiques, intellectuelles et
morales, — sont l’un et l’autre des créations de la machine à
vapeur.
La généralisation de l'automobile, et probablement demain
de l'avion, a aussi déjà des conséquences sociales impor-
tantes.et dont on ne peut encore mesurer la portée. Ce sont
vraiment les instruments de libération de toutes les servi-
tudes que le monde physique impose à l’homme, de la dis-
tance, du temps, de la pesanteur. Et tout en accroissant
Gipe. P. R. 25e édition
97
1V\