LA CONCENTRATION DE LA PRODUCTION
leur spécialisation, ni même avec leur concentration,
quoiqu'’elle puisse prêter à une certaine confusion avec l’une
et l’autre de ces deux modalités de l’évolution indus-
trielle.
Il semble que les industries similaires, et par conséquent
concurrentes, auraient tout intérêt à s’éloigner les unes des
autres le plus possible afin de n’êètre pas obligées de se
disputer les mêmes clients? Cependant, de mème que dans
les villes nous trouvons encore de vieilles rues portant les
noms de rue des Tanneurs, rue des Orfèvres, rue de la
Poissonnerie, etc., qui prouvent qu’autrefois les artisans et
marchands se groupaient par professions, de même aujour-
d’hui nous voyons certaines industries affectionner certaines
régions, par exemple, pour la France, les soieries à Lyon.
les laines à Roubaix, l’horlogerie dans le Jura, l’aluminium
dans le Dauphiné.
Quelles sont donc les causes qui font obstacle à l’effet
dispersif de la concurrence et déterminent ainsi la localisa-
tion des industries ?
La plus fréquente c’est la proximité de la matière première
ou de la force motrice. Il va de soi que les usines de conserves
de sardines ne peuvent s’installer que dans un port à raison
des diflicultés de transport et de conservation du poisson —
et les usines métallurgiques, autant que possible, à proximité
des gisements de minerai ou de houille, à raison des frais
de transport de ces matières pondéreuses (1). La localisation
des industries n'est guère influencée par la proximité de la
main-d'œuvre et pas du tout par celle du capital, à raison
des facilités de déplacement de ces facteurs de la production.
Les usines hydro-électriques s’installeront sur les cours
d’eaux et au pied des chutes.
La facilité du transport peut attirer l’industrie au bord d’un
fleuve ou près d’un port.
(1) Autrefois elles étaient attirées plutôt du côté de la houille ; aujourd'hui
qu'on a appris à consommer moins de houille, elles se rapprochent plutôt des
gisements de minerai.
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