PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
Les entreprises d’État et municipales.
Après les entreprises sous forme individuelle et celles sous
forme d’associations, il convient de parler des entreprises
organisées par l’État, les municipalités, et généralement les
pouvoirs publics.
Ce n’est pas chose précisément nouvelle que l’État entre-
preneur, puisque quelques-unes des manufactures nationales
de la France remontent à Colbert : cependant le développe-
ment des entreprises d’État, et plus encore celui des entre-
prises municipales, est caractéristique de l’époque actuelle.
Il tient à trois causes:
1° Une cause fiscale qui est la nécessité de trouver des res-
sources nouvelles pour pourvoir à des dépenses sans cesse
grandissantes sans écraser le contribuable. Nul doute que
cette cause n’agisse avec une intensité très accrue à la suite
de la guerre, alors que les États auront à faire face à des
budgets tels qu’on n’aurait pu les imaginer. Étant donnée,
d’une part, l’impossibilité de prélever par l’impôt sur les
revenus les milliards nécessaires, sans aboutir à une totale
confiscation ; étant donnée, d'autre part, l’irritation que pro-
voqueront dans le peuple tous les impôts de consommation
parce qu’ils aggraveront encore le coût de la vie déjà surélevé
— il ne restera plus pour l’Etat qu’à essayer de gagner lui-
même les milliards qui lui seront indispensables, en se
faisant industriel et commerçant.
2° Une cause sociale qui est l’hostilité contre le capitalisme
et l’idée que les profits et dividendes des grandes Compagnies
ont été volés au peuple et qu’il faut les lui restituer. Pour
cela le moyen le plus sûr n’est-ce pas que la nation elle-même,
représentée par l’État ou par la commune, prennee n main les
entreprises lucratives? Mais cette tendance peut prendre des
formes très divergentes : — soit celle du socialisme d’Etat
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