2 PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE
C’est là que se rencontrent les producteurs et les consomma-
teurs qui sont habitants de la même ville. Les marchands du
dehors, « les forains », sont exclus, ou du moins ne peuvent
entrer que sous certaines conditions rigoureuses.
À la troisième phase, celle des manufactures, le marché
cesse d’être local pour devenir national : alors commencent
véritablement l’échange et le commerce. Et on a fait remar-
quer que l'établissement du marché national coïncide avec
la constitution des grands Etats modernes — et aussi avec le
système des fortifications nationales de Vauban substitué
aux fortifications urbaines — ce qui prouve que l’évolution,
qu’elle soit économique, politique, militaire, suit partout des
voies parallèles.
Le marché s’élargit encore en devenant colonial et c’est
alors que se créent, au xvIy® siècle, ces grandes Compagnies
de commerce qui jouèrent un rôle si considérable, par
exemple la Compagnie des Indes anglaises. — Puis finale-
ment, dans.la quatrième phase, celle de l’industrie méca-
nique et des chemins de fer, le marché devient vraiment
mondial et désormais le commerce prend les grandes allures
qui ont si profondément modifié les rapports économiques
de notre vieille Europe et qui ont fait de cette question du
commerce international une des plus importantes de notre
temps.
La décomposition du troc en vente et achat.
Lorsque l’échange se fait directement, marchandise contre
marchandise, il porte alors le nom de troc, mais c’est la plus
incommode et souvent même la plus impraticable des opé-
rations. Il faut, en effet, pour que le troc aboutisse, que le
possesseur d’un objet quelconque se mette en quête d’une
personne disposée à acquérir la marchandise qu’il possède et
(double coïncidence bien difficile à réaliser !) qui se trouve
disposée à lui cé ler précisément l’objet dont il a besoin. Ce
nest pas tout : il faut encore, en admettant que cette ren-
‘40
il