LE CRÉDIT 7
secanto, disait la loi des XII Tables), tandis qu’aujourd’hui
le crédit personnel n’a pour gage que l’honorabilité du débi-
teur non sa personne physique, mais sa personne morale.
b) Quant à l’emprunteur, son obligation ne consiste pas
seulement, comme celle du fermier ou du locätaire, à con-
server la chose prêtée et à l’entretenir en bon état pour la
restituer au ‘>rme fixé ; il faut qu’après l’avoir utilisée, c’est-
à-dire détruite, il travaille à en reconstituer une autre équiva-
lente pour s'acquitter au jour de l’échéance. F! faut donc qu’il
ait grand soin d'employer cette richesse d'une façon productive.
S'il a l’imprudence de l’employer improductivement, pour
des consommations personnelles, ou si par malheur il ne
réussit pas à reproduire une richesse au moins équivalente
à celle qui lui a été prêtée, c'est la ruine. Et, de fait, l’histoire
de tous les pays et de tous les temps est un véritable marty-
rologe des emprunteurs qui se sont trouvés ruinés par le
crédit.
Le crédit est donc un mode de production infiniment plus
dangereux que tous ceux que nous avons vu jusqu’à présent
et qui ne peut rendre des services que dans les sociétés dont
l’éducation économique est très avancée.
Qu'appelle-t-on des titres de crédit ?
Le crédit n’a véritablement pris naissance, en tant que
mode de production, que du jour où les richesses futures,
qui constituent son véritable objet, ont été en quelque sorte,
quoique non existantes, réalisées et mises dans le commerce
sous la forme de titres négociables. Il y a eu là une véritable
révolution économique qu’on peut faire dater du xi° siècle.
Voici comment il faut la comprendre.
Au début, la créance n’est pas conçue en tant que richesse
car elle ne porte pas sur un objet matériel, sur une richesse
quelconque : c’est an lien purement personnel entre le créan-
cier et le débiteur. Selon la forte expression des glossateurs,
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