DES BANQUES
la Banque de France c’est qu’elle ne prête pas une aide suff-
sente à l’agriculture. Mais ce reproche, déjà peu fondé quand
il s'adresse aux grands établissements de crédit, l’est bien
moins encore quand il s’agit d’une Banque qui porte la res-
ponsabilité des remboursements non seulement pour elle-
même, mais pour toutes les banques du pays, et qui commet-
trait la plus grave faute si elle engageait ses fonds dans des
opérations à long terme.
S 2. La Banque d’Angleterre.
La constitution de la Banque d’Angleterre présente de nom-
breuses différences avec celle de la Banque de France :
a) Elle est une banque tout à fait privée qui n'appartient
qu’à ses actionnaires et, comme telle, se gouverne librement,
sauf les exceptions ci-après. Elle est donc tout à fait indé-
pendante de l’Etat.
b) Elle n’a pas un monopole d’émission aussi absolu que la
Banque de France. Elle n’a de privilège exclusif pour l’émis-
sion de ses billets que dans Londres; il y a des banques en
province qui émettent également des billets. Toutefois le
nombre des banques qui peuvent émettre des billets est limi-
tativement déterminé, Et depuis 1844 (date de la loi fameuse
sur l’organisation des banques qui était due à l'initiative dur
ministre Robert Peel), celles qui disparaissent ne peuvent
plus être remplacées. Leur nombre, qui était de 279 à cette
date, décroît d’année en année, en sorte que bientôt la Banque
d'Angleterre se trouvera investie d’un monopole de droit,
comme héritière légitime de toutes les banques provinciales
prédécédées, et déjà elle exerce un monopole de fait (1).
c) Elle est soumise à une réglementation beaucoup plus
sévère en ce qui concerne l’émission et l’encaisse. Le chiffre
des billets émis ne peut jamais dépasser les chiffres addi-
tionnés de l’encaisse et du capital. Ce capital ne consiste
(1) Chaque fois qh une des banques concurrentes vient à décéder, la Banque
d'Angleterre peut augmenter son capital jusqu'à concurrence des deux tiers de
celui de la banque disparue, mais elle doit déposer une somme égale en titres
de rentes sur l’Etat.
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