Full text: Principes d'économie politique

: PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE 
d’ailleurs, pour la plus grande part, qu’en une créance sur 
l'Etat indisponible et inutilisable. Mieux vaut dire plus simple- 
ment que le chiffre de l’émission ne peut dépasser celui de 
l’encaisse que d’une somme fixe qui est en’ ce moment de 
465 millions de francs — faible marge, comme on voit, pour 
une Banque comme la Banque d’Angleterre. 
En vue de mieux assurer l’observation de ce règlement, la 
Banque d’Angleterre est divisée en deux départements dis- 
tinets : — l’un, chargé des opérations de banque, dépôts et 
escomptes (banking department), mais qui ne peut émettre 
aucun billet; — l’autre, chargé de l’émission des billets 
(issue department), mais qui ne peut faire aucune opération 
de banque. Celui-ci délivre ses billets au département voisin 
au fur et à mesure de ses besoins seulement ; quand il lui en 
a délivré jusqu’à concurrence de 465 millions de francs, il 
ne lui en délivre plus désormais que contre espèces ou lingots. 
Cette limitation automatique de l’émission donne lieu, et 
justement en temps de crise, à de si grands inconvénients 
qu’à trois reprises différentes déjà (en 1847, 1857, 1866), il a 
fallu suspendre la loi et permettre à la Banque de franchir 
la limite fatale. 
‘Au jour de la déclaration de guerre le gouvernement dut 
passer par cette heure angoissante. On se rua à la Banque et 
l'encaisse tomba le 4 août au-dessous de 10 millions liv. st. 
(250 millions de francs). Fallait-il suspendre l’Act 9 Tout était 
prêt pour cela. Mais le ministère eut l’héroïsme de n’en rien 
faire. Il préféra recourir à un autre moyen : il fit émettre des 
billets par l’Etat (currency notes), billets de 1 livre et 1/2 livre, 
remboursables non en or mais en billets de Banque, et en 
même temps il fit interdire l’exportation de l'or. La panique 
se calma sans qu’on eut été obligé de recourir au cours 
forcé. Et à ce jour encore l’Angleterre est le seul des pays 
ex-belligérants, ceux de l’Europe du moins, où le billet soit 
encore convertible en or (1). 
(1) En principe ; en fait il ne l’est pas et personne n’a intérêt à faire chan- 
ser des banknotes contre de l'or, car qu’en ferait-on puisqu'il est interdit de 
l'exporter ou de le fondre ? 
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