8 PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
fois du côté du prêteur et du côté de l’emprunteur. Du côté
de l’emprunteur, s’il s’agit d’un prêt de production, c’est le
plus ou moins de productivité qu’il attend du capital à
emprunter ; du côté du prêteur, c’est le plus ou moins de
préférence pour le bien futur qu’il attend sur le bien présent
dont il se dessaisit — et c’est le taux de l’intérêt qui, en
s’élevant ou s’abaissant, arrive à concilier ces prétentions
opposées, étant données, bien entendu, la concurrence des
emprunteurs et celle des prêteurs.
Qu’est-ce qui détermine le taux de l’intérêt.
Nous avons vu que le taux de l’intérêt (1) avait été long.
temps fixé par la loi et l’était encore hier en France pour les
prêts non commerciaux. Mais la limitation posée par le
législateur ne peut que consacrer à peu près le taux
courant, sans quoi elle serait vaine. Ce qui importe donc
c’est de reconnaître les lois économiques et naturelles qui
déterminent le taux de l’intérêt, tout comme le taux des
salaires et comme le prix des marchandise
Si les capitaux étaient loués en nature, sous la forme
d’usines, machines ou instruments de production quelcon-
ques, il s’établirait pour chacun d’eux un prix de location
différent suivant leurs qualités, durées et productivités res-
pectives, de même que varie le prix de location des maisons
suivant qu’elles sont plus ou moins confortables ou plus ou
(1) Le faux de l'intérêt est le rapport entre le chiffre du revenu et celui du
ea l’exprimer plus commodément, on représente le capital par le chiffre
conventionnel de 100 et le taux de l’intérèt s’exprime alors par un pourcentage,
Sont calculait d'une façon différente : on cherchait quelle était la
fraction du capital représentée par l’intérêt. Au lieu de dire qu'on prêtait à
5 p. 0/0, on disait prêter au denier vingt parce que l'intérêt représente en
ce cas le vingtième du capital), au lieu de 4 p. 0/0, on disait au denier vingt-
€inq, ete.
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