Full text: Principes d'économie politique

LES SALARIÉS ; 
vénérable fut abolie, du moins en France, par les lois de la 
Révolution et, en tant que survivance de l’ancien régime, 
elle subit le même sort que les corporations de maîtres. Ce 
fut seulement un siècle plus tard que la loi célèbre du 
21 mars 1884, due à l'initiative de Waldeck-Rousseau, resti- 
tua aux ouvriers (et aux patrons aussi) le droit de former des 
associations qui sont désignées en France sous le nom de 
syndicats professionnels. A remarquer qu’à cette date le 
droit de s'associer pour défendre leurs intérêts profession- 
nels, ainsi reconnu aux ouvriers et patrons, constituait pour 
eux un véritable privilège puisqu’il était refusé à tous les 
Français pour tout autre motif. 
Pour ètre légalement constitués, ces syndicats ne doivent 
comprendre que des membres exerçant une profession et la 
même profession. Il est certain que, dans la pensée du législa- 
teur, les syndiqués ne devaient appartenir qu’à l'industrie, 
au commerce et à l’agriculture, ce qui excluait les profes- 
sions libérales et les employés de l'Etat. Mais ceux-ci ont 
vivement réclamé le droit de se syndiquer. 
En ce qui concerne les professions libérales, l’agitation 
n’a pas été longue : une loi spéciale a reconnu aux médecins 
le droit de se syndiquer et on ne fait plus guère de distinc- 
tion aujourd’hui. 
Pour les employés de l’Etat, au contraire, on sait à quelle 
véhémente controverse cette question a donné lieu depuis 
quelques années. 
Pourtant le droit d’association étant devenu le droit com- 
mun depuis la loi de 1901 pour tous les citoyens français, 
sans distinguer s’ils sont ou non fonctionnaires, s’ils exercent 
ou non une profession, et l’association de droit commun con- 
férant à peu près les mêmes droits que l’association, on ne 
s’explique guère l’acharnement qu'on met à réclamer celle-ci. 
Mais c’est précisément parce qu'elle a été refusée qu’elle est 
devenue une sorte de drapeau des revendications des fonc- 
tionnaires mécontents ; elle symbolise aussi une soi-disant 
communauté d’intérêts avec le prolétariat. 
Pour fonctionner légalement et sans s’exposer à être dis- 
581
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.