Full text: Principes d'économie politique

LES BESOINS ET LA VALEUR 
plus, monnaies qui ne circulent plus, remèdes qui ne gué- 
rissent plus. que la liste serait longue de ces richesses dunt 
l’utilité a été aussi éphémère et fugitive que le besoin qui 
l’avait créée ! Et pourtant, même alors, si par aventure le 
désir du collectionneur, le plus intense de tous les désirs, 
vient à se fixer sur ces richesses mortes, il leur rend une 
nouvelle vie et elles reprennent aussitôt une valeur bien 
supérieure à celle qu'elles avaient au cours de leur première 
existence. 
L’alcool et les boissons qui en dérivent ne possèdent, au 
dire des savants et des hygiénistes, aucune des vertus qu'on 
leur prête ; ils ne sont ni fortifiants ni réchauffants. Mais 
qu’importe? Il suffit malheureusement que des millions 
d'hommes par tous pays croient qu’ils ont ces utilités pour 
qu’ils constituent des richesses, et même des richesses qui 
se chiffrent par milliards et dans lesquelles les Etats eux- 
mêmes puisent une partie de leurs revenus. 
2° H ne suffit pas que cette relation entre une chose et l’un 
de nos besoins existe : il faut que nous le sachions (ou, si elle 
est imaginaire, comme dans les exemples que nous venons 
de citer, que nous le croyons). Une des maximes d’Aristote, 
souvent répétée au moyen âge, était: nil amailum nisi 
precognitum, «rien ne peut être aimé (disons : désiré) qui 
ne soit préalablement connu ». 
Il est probable que dans le vaste monde qui nous enve- 
loppe il n’y a pas une seule chose qui ne pût être utilisée 
pour les besoins de l’homme, si sa science était plus perspi- 
cace, et qui ne pût par conséquent accroître nos richesses. 
Mais tant qu’elles sont incognito, elles restent aussi inutiles 
que les terres fertiles ou les métaux précieux dont l'astro- 
nome, à l’aide du ‘télescope ou de l'analyse spectrale, 
découvrirait l’existence dans Mars ou dans Vénus. En fait, il 
n’y a qu’un très petit nombre de corps qui aient été classés 
comme utilités — par exemple, sur quelques centaines de 
milliers d’espèces que compte le règne animal, à peine 200 
sont utilisées pour notre alimentation, pour nos travaux ou 
même pour notre récréation. Et pour les plantes et les 
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