Full text: Principes d'économie politique

L'ÉPARGNE > 
sants veulent le placer, c’est-à-dire le faire valoir, ils n'ont 
qu’à le reprendre : le rôle de la caisse d’épargne est fini — 
et c’est à d’autres institutions (celles déjà étudiées sous le 
nom d'institutions de crédit, banques, Crédit foncier, etc.) 
qu’il appartient de s’en charger (1). 
2° Les sociétés mutuelles de prévoyance sont formées par 
des personnes qui versent une cotisation mensuelle pour 
constituer un capital el qui an bout d’un certain temps, 
vingt ans par exemple, se partagent le capital ainsi accu- 
mulé, ou plus généralement se partagent seulement les 
revenus. 
Comment se fait-il que les hommes réussissent à épargner 
davantage en se faisant associés qu’en restant isolés ? 
D’abord, parce que la règle de la cotisation mensuelle leur 
fait de l'épargne une obligation et une habitude. Ensuite, 
parce que la société peut, mieux qu’un seul individu, 
utiliser la puissance singulière des intérêts composés. Enfin, 
parce que la plupart de ces sociétés font bénéficier les 
survivants des cotisations versées parles prédécédés ce qui, 
en somme, est une façon d’exploiter la mort d’autrui ou du 
moins de spéculer sur elle : c’est à peu près ce qu’on appelait 
autrefois les lontines. — Quand ces trois causes agissent 
simultanément et cumulent leurs effets, on arrive à des 
résultats surprenants comme fructification de l’épargne. 
(1) Les caisses d'épargne n'étaient autrefois que des institutions ayant un 
caractère privé ou des fondations municipales et c’est encore le cas du plus 
grand nombre de caisses, mais dans la plupart des pays aujourd’hui (en France 
depuis 1875) il y a une Caïsse d’épargne d'Etat qui a pour succursales tous 
les bureaux de Postes. 
Les caisses d'épargne, même privées, n’ont pas le droit d'employer comme 
bon leur semble les dépôts qu'elles reçoivent. La loi les oblige à les placer 
en rentes sur l'Etat (ou valeurs garanties par l’Etat ou par les municipalités). 
Néanmoins, il ne faut pas en conelure que c’est l'Etat qui assume la respon- 
sabilité des remboursements. Pour la Caisse Nationale, assurément ; mais pour 
les caisses privées, non : c'est à elles que la responsabilité incombe. Pour pré- 
server les caisses d'épargne en cas de panique — et éviter qu'elles ne soient 
obligées de vendre en masse leur stock de titres de rentes sur l'Etat — 
la loi a établi la clause dite de sauvegarde qui permet aux caisses de ne 
rembourser que par paiements de 50 francs, échelonnés par quinzaines. Elle a 
été mise en vigueur au début de la guerre, mais on a pu la supprimer dès 1946. 
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