LA NATURE 12
l’œil du peintre, le gosier du ténor (1). — Et enfin l'homme
lui-même devient un capital quand par l’éducation il a emma-
gasiné dans son cerveau et incorporé dans ses gestes les
connaissances acquises.
CHAFITAE PREMIER
LA NATURE
[1 faut entendre par le mot de Nature non un facteur déter-
miné de la production, ce mot n’exprimerait qu’une vague
entité, mais l’ensemble des éléments préexistants qui nous
sont fournis par le monde dans lequel nous vivons.
Pour que l’homme puisse produire, il faut que la nature lui
fournisse un milieu climatérique propice, une terre suffisam-
ment fertile, et ultérieurement des forces motrices qui aident
son travail. On pourrait ajouter le temps, puisque le temps
aussi bien que l’espace conditionnent notre existence.
La terre.
La terre fournit à l’homme : 1° l’emplacement nécessaire
pour y poser son pied, pour y bâtir sa maison, pour y cul-
tiver son champ ; 2° les espèces végétales et animales qui
seules peuvent satisfaire aux deux besoins primordiaux,
l’alimentation et le vêtement ; 3° dans son sous-sol les miné-
raux et le combustible qui sont l’aliment de l’industrie.
(1) C’est pour cela que c'est un non-sens de poser la question si le travail
seul peut produire sans la nature ? On est tenté de répondre oui, en pensant
à la production des richesses immatérielles, des services. Mais on oublie que,
même en ce cas, le travail n'est jamais seué. Il implique non seulement des
organes vivants, mais aussi un milieu, une atmosphère, des sons, de la
lumière, ete. Voir ci-après, La productivité du travail.
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