fullscreen: Les questions fondamentales du marxisme

LES QUESTIONS FONDAMENTALES DU MARXISME = 51 
sance de ces forces, et ensuite commencent à l’entraver (*). 
Quoiqu’un état donné des forces productives soit la cause 
qui suscite des rapports déterminés de production et, en 
particulier, de propriété, ces derniers, une fois qu’ils sont 
apparus comme la conséquence de la cause indiquée, com- 
mencent à leur tour à influer sur cette même cause. ll s’éta- 
blit ainsi un système d’action et de réaction réciproques 
entre les forces productives et l’économie sociale. D’autre 
part, il vient s’édifier sur la base économique toute une su- 
perstructure de räpports sociaux, ainsi que de sentiments et 
de conceptions du même ordre. Or, comme cette superstruc- 
ture, elle aussi, commence par favoriser le développement 
économique, pour l’entraver ensuite, il s’établit également 
une action et une réaction réciproques entre la superstruc- 
ture et la base. Ce fait résout entièrement le mystère de 
tous ces phénomènes, qui semblent de prime abord con- 
tredire la thèse fondamentale du matérialisme historique. 
Tout ce qui a été dit jusqu’à présent par les « criti- 
ques » de Marx sur le prétendu caractère unilatéral du 
marxisme et sur son soi-disant mépris pour tous les « fac- 
teurs » de l’évolution sociale en dehors du facteur écono- 
mique, vient simplement de l’incompréhension du rôle que 
Marx et Engels réservent à l’action et à la réaction réci- 
Proques entre la « base » et la « superstructure », Pour 
se convaincre combien peu Marx et Engels voulaient igno- 
rer, par exemple, l’importance du facteur politique, il suffit 
de lire les pages du Manifeste communiste où il est ques- 
tion du mouvement d’émancipation de la bourgeoisie. Il 
ÿ est dit: « Classe opprimée par le despotisme féodal, 
Association armée se gouvernant elle-même dans la com- 
mune, ici libre république municipale, là tiers état taillable 
de la monarchie, puis, durant la période manufacturière, 
() Revenons à l’esclavage. À un certain niveau, il contribue au 
développement des forces productives, mais, après, il commence 
à l’entraver. Sa disparition chez les nations civilisées de l’Occi- 
dent est la conséquence de leur développement économique. (Sur 
l'esclavage, voir l’œuvre intéressante du prof. Et. Cicotti : 7Z tra- 
Monto della schiavitü, Turin, 1899). ; 
J-H. Speke dit dans Les sources du Nil (Paris, 1865, p. 21) que, 
chez les nègres, les esclaves estiment que s’évader, c’est commettre 
à l’égard du maître qui a payé de l’argent pour eux une action con- 
traire à l’honneur et infamante. A cela, il faut ajouter que ces mêmes 
esclaves considèrent leur situation comme plus honorable que celle 
d’un travailleur salarié. Pareille manière de voir correspond à cette 
passe de la société « où Pesclavage reste encore un phénomène de 
ToOgrès »,
	        
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