OEUVRES DIVERSES.
CHAPITRE IX.
DISCUSSION SUR CE PRINCIPE DE M. BOSANQUET : « LA REPRISE DES
PAIEMENTS EN ESPECES ENTRAINERAIT DE GRANDES COMPLICATIONS.
Pour conclure, M. Bosanquet est entièrement persuadé que de gra- |
ves perturbations naîtraient de la reprise des paiements en numérai- 1
re. Il n’espère même pas qu’une réduction dans la circulation puisse I
avoir pour résultat d’améliorer le taux du change ou de faire fléchir 1
le prix des lingots, à moins que nos importations ne diminuent et que i
nos exportations ne s’accroissent. |
Quant à moi, il me paraît irrésistiblement clair qu’une réduction
des billets de banque abaisserait le prix des lingots, et favoriserait le
change sans troubler la régularité de nos exportations et de nos im- |
portations actuelles. Elle ne saurait multiplier les marchés qui nous |
servent aujourd’hui pour exporter ou importer l’or. Nos transactions j
à l’étranger seraient précisément les mêmes ; seulement nous possé- i
derioiis une monnaie de dénomination semblable, mais d’une valeur |
supérieure. Au lieu d’être crédités à Hambourg d’une livre sterling dé- f
gradée, équivalente à 104 grains d’or et cotée à 28 shillings de Flan- I
dre, nous aurions, — en lui restituant sa valeur réelle en lingots, qui /j
est de 123 grains, — un crédit de 34 shillings. Cependant cette dif- |î
férence de G shillings en notre faveur ne constituerait qu’un avan- H
tage nominal et apparent. Ce serait même une grave erreur de croire '
qu’elle put former un bénéfice réel.
Si, par une réduction des billets de banque, nous avions le pouvoir
d’en élever la valeur au-dessus de celle des lingots d’or, nous réagi
rions alors sur le taux réel du change; nous troublerions l’équilibre
actuel des importations et des exportations, et nous provoquerions
une importation de lingots, ou, en style de négociants, une balance ,
favorable de commerce.
Si le tableau que M. Bosanquet trace de notre situation était réelle
ment exact, nous aurions devant nous un bien triste avenir. Obligés ■
de faire face à d’énormes dépenses à l’étranger; obligés .« d’importer