Full text: Rôle des organisations coopératives dans le commerce international du blé, des produits laitiers et de quelques autres produits agricoles

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La Russie et la Roumanie qui, avant la guerre, exportaient respectivement 
41 millions et 13 millions de quintaux de blé (moyenne 1909-1913) n’ont repris 
que partiellement la place qu’elles occupaient dans le commerce international 
du blé. 
Dans tous les grands pays exportateurs, quoique à un très faible degré encore 
en Argentine, les organisations coopératives des producteurs de blé jouent un 
rôle de plus en plus important dans le commerce d’exportation. 
Ce rôle est déjà prédominant au Canada et en Australie, où les exportations 
coopératives ont représenté, l’année passée, les deux tiers des exportations totales 
de ces pays. 
Pour marquer le caractère et la portée de ces développements récents, il est 
nécessaire de distinguer deux étapes dans l’évolution de l’organisation coopérative 
des producteurs de blé. 
Dans une première étape, les producteurs s’associent, localement ou régionale- 
ment, pour utiliser et gérer en commun un «elevator », entrepôt muni de toute 
la machinerie nécessaire pour nettoyer, trier et éventuellement dessécher le blé. 
L'entreposage permettra en outre des opérations de warrantage. Accessoirement, 
il pourra arriver que la coopérative se charge d’exécuter à la commission les ordres 
individuels de vente de ses membres, mais, même dans ce cas, elle restera essentiel- 
lement une coopérative d’entreposage et de manutention. 
Dans une deuxième étape, au contraire, les producteurs délèguent à la coopé- 
rative les fonctions de vente qu’ils exerçaient auparavant individuellement. Dès 
lors, les produits individuels des associés, aussitôt qu’ils ont été reçus, posés et 
classés, entrent dans la masse commune des produits de même qualité. La coopé- 
rative se charge d’écouler la masse des produits rassemblés. Elle verse à chaque 
associé un acompte immédiat, puis des paiements partiels et, à la clôture des 
opérations, un paiement final qui assure à chaque associé un prix moyen, indépen- 
dant des circonstances de temps et de lieu dans lesquelles sa propre récolte aura 
été vendue. 
La méthode que nous venons de décrire sommairement caractérise les coopé- 
ratives de vente qui, suivant l’exemple plus ancien de la coopération danoise, se 
sont développées à partir de 1900 parmi les producteurs de fruits de Californie, 
et ont pris depuis un grand essor principalement aux Etats-Unis et au Canada. 
Dans ces deux derniers pays, ainsi qu’en Australie, ces organisations coopératives 
de vente en commun sont désignées communément sous le nom de « pools », en 
raison du sens précis et technique dans lequel le mot « pooling » a été pris pour 
désigner la mise en commun des produits et l’attribution à tous les associés du 
prix moyen obtenu par l’organisation coopérative. L'application de cette méthode 
comporte dans la règle l’engagement des associés de livrer pendant un nombre 
d’années déterminé la totalité de leur récolte à l’organisation coopérative. 
L'organisation perfectionnée des coopératives de vente est plus particulière- 
ment adaptée aux besoins d’écoulement sur des marchés lointains et, en fait. 
c’est dans les pays d’exportation — comme le Danemark et autres pays d’expor-
	        
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